La mairie de Paris mobilise le parc privé pour loger des familles en difficulté

Face à la pénurie de logements sociaux dans la capitale, la municipalité va lancer une opération pour permettre à des familles en grande difficulté d'emménager dans des appartements du secteur privé.

Les chiffres ne trompent pas: on recense environ 102.000 demandes de logements HLM en souffrance à Paris et un logement sur dix, soit un total de 136.500, est inoccupé dans la capitale. Fort de ce constat, la mairie de Paris a annoncé, ce lundi, la mise en place d'une opération visant à remettre ces appartements vides sur le marché locatif.

Pour trouver des propriétaires privés prêts à louer des appartements pour 16,50 euros le mètre carré, alors que le prix moyen du marché se situe aux alentours de 20 euros, la municipalité garantira le versement du loyer et le fait que le propriétaire retrouvera son bien à la fin du bail. Elle assurera également les frais de la remise en état des logements à l'issue de la période locative.

Afin de rendre ce dispositif vraiment intéressant pour les propriétaires, la ville de Paris a demandé au ministre des Affaires sociales, Jean-Louis Borloo, de prendre un décret permettant d'offrir une réduction fiscale aux loueurs. Le montant de cette dernière garantirait aux propriétaires de toucher un loyer équivalent à 20 euros le mètre carré, le prix moyen du marché.

Cette mesure est réservée aux familles prises en charge par le département au titre de l'Aide sociale à l'enfance, soit 1.000 ménages avec enfants au total. Avec cette opération, la mairie devrait pouvoir reloger, d'ici la fin de l'année, au moins 250 familles actuellement en hôtels meublés, dans des appartements privés aux loyers plafonnés pendant dix-huit mois maximum.

Jean-Yves Mano, adjoint socialiste à la Mairie de Paris, a insisté fermement sur le fait que cette solution n'était pas sans coût pour les familles, car "un logement, ce n'est pas gratuit", mais les bénéficiaires de l'opération s'acquitteront d'une "redevance" en fonction de leurs ressources.

L'expérience vise à leur offrir "un sas vers le logement durable", selon la ville qui a chargé des associations comme Emmaüs, Aurore ou Droit au logement (DAL), de gérer concrètement l'opération. Le DAL vient de faire savoir qu'il "salue le dispositif", mais reste mobilisé car "plusieurs points ne sont pas réglés. "La ville de Paris estime qu'il faut être en gros 20% en dessous du marché. Nous pensons que ça risque de bloquer les bailleurs", a expliqué Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL.

La mairie s'est engagée à trouver 250 logements d'ici décembre. Elle n'en dispose que d'une cinquantaine pour l'instant. Une goutte d'eau dans l'océan des mal-logés, certes, mais qui pourrait faire tâche d'huile.

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