Pakistan : Benazir Bhutto tuée dans un attentat suicide

L'ex-Premier ministre pakistanaise Benazir Bhutto est morte jeudi 27 décembre après un attentat suicide perpétré à la sortie d'un de ses meetings. Depuis son retour d'exil en octobre, elle était menacée notamment par les islamistes. Son assassinat intervient quinze jours avant les élections législatives prévues le 8 janvier 2008. Les réactions d'inquiétude se multiplient dans le monde.

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L'ex-Premier ministre pakistanaise Benazir Bhutto est morte jeudi des suites de ses blessures après l'attentat suicide qui a visé un de ses meetings dans la banlieue d'Islamabad, a annoncé à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Javed Cheema. Cet attentat survient à deux semaines des élections législatives au Pakistan, prévues le 8 janvier 2008.

L'ancien Premier ministre a succombé à une explosion lors de son meeting électoral. Au moins dix personnes ont été tuées dans cet attentat-suicide à la sortie du meeting de l'ex-Premier ministre pakistanais, dans la banlieue d'Islamabad.

Selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Javed Cheema, un kamikaze a fait exploser la bombe qu'il portait sur lui alors que les gens quittaient le meeting.

Benazir Bhutto avait échappé à un premier attentat, le 18 octobre, à Karachi, le jour de son retour au Pakistan après 8 années d'exil. Cet attentat suicide avait été le plus meurtrier de l'histoire du Pakistan, avec 139 morts lors d'un immense rassemblement de sympathisants qui célébraient le retour de leur leader.

Benazir Bhutto avait quitté le Pakistan en 1999, alors qu'elle était accusée de corruption pour la période où elle était au pouvoir (1988-1990 et 1993-1996). Le président Musharraf l'avait amnistiée, lui permettant de revenir sur le sol pakistanais.

Le Pakistan, qui vient de sortir de l'état d'urgence, a connu une année 2007 des plus meurtrières, avec des attentats suicides ayant fait plus de 780 morts. Benazir Bhutto était particulièrement visée et depuis son retour, les autorités ont multiplié les avertissements, assurant que des informations "précises" permettaient de penser que les terroristes islamistes voulaient attenter à sa vie.

L'ex-Premier ministre, qui dirigeait le principal parti de l'opposition au président Pervez Musharraf, le Parti du Peuple Pakistanais (PPP), avait accusé à plusieurs reprises des "hauts responsables" proches du pouvoir et des membres des services de renseignements d'être à l'origine de cette attaque, sans jamais le prouver.

Benazir Bhutto menait campagne contre Pervez Musharraf d'un part et contre les fondamentalistes musulmans d'autre part, en promettant d'"éliminer la menace islamiste" du pays.

Peu après l'attentat qui a coûté la vie à Benazir Bhutto, le président du Pakistan Pervez Musharraf a appelé au calme, selon la télévision d'Etat.

A l'étranger, les réactions ont été immédiates à la mort de l'ancien Premier ministre. La Maison Blanche a condamné jeudi les "actes de violence" qui ont coûté la vie à Benazir Bhutto et a annoncé une intervention du président George W. Bush. "Nous condamnons les actes de violence qui ont eu lieu aujourd'hui au Pakistan", a dit un porte-parole de la Maison Blanche, Scott Stanzel.

Le président américain George Bush a appelé jeudi les Pakistanais à honorer la mémoire de Benazir Bhutto en maintenant le processus démocratique. Dans une déclaration, il a "condamné dans les termes les plus forts cet acte lâche commis par des extrémistes qui tentent de nuire à la démocratie au Pakistan".

Le président Nicolas Sarkozy a condamné jeudi l'attentat-suicide qui a coûté la vie à Benazir Bhutto, qu'il qualifie d'"acte odieux", dans une lettre à son homologue pakistanais Pervez Musharraf rendue publique par l'Elysée. "C'est avec émotion et indignation que j'apprends la nouvelle de la disparition brutale, dans un attentat, de Mme Benazir Bhutto. Je condamne cet acte odieux avec la plus grande fermeté", écrit le président français.

Le chef du gouvernement italien Romano Prodi a condamné "avec indignation (...) le fanatisme" qui a coûté la vie jeudi à l'ex-Premier ministre pakistanais, appelant à "ne pas interrompre le difficile chemin vers la paix".

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé de tenir une réunion d'urgence jeudi pour discuter de la situation au Pakistan. "Le Conseil de sécurité a décidé de se réunir à midi (17h00 GMT) pour des consultations sur la situation au Pakistan", a déclaré la porte-parole de l'ONU, Marie Okabe.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a fermement condamné cet assassinat. "Je suis choqué et scandalisé par l'assassinat de Mme Benazir Bhutto", a-t-il déclaré dans un communiqué. "Il s'agit d'une attaque contre la stabilité du Pakistan et ses processus démocratiques. Je condamne fermement ce crime odieux et je demande que ses auteurs soient traduits en justice le plus tôt possible", ajoute-t-il.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a également condamné l'attentat. "La Commission européenne condamne dans les termes les plus forts cet attentat terroriste sans pitié commis moins de deux semaines avant les élections. C'est une attaque contre la démocratie et le Pakistan", a déclaré José Manuel Barroso dans un communiqué.

Du côté des marchés, la réaction la mort de Benazir Bhutto ne s'est pas non plus faite attendre: la Bourse de New York a ouvert en baisse, déçue par une progression moins forte que prévu des commandes de biens durables en novembre et perplexe après l'assassinat de Benazir Bhutto: le Dow Jones perdait 0,48% et le Nasdaq 0,36%. Par ailleurs, l'or a atteint un plus haut niveau depuis un mois, à 825 dollars l'once, tandis que le dollar continuait de s'affaiblir. Un euro s'échangeait contre 1,4577 dollar dans l'après-midi.

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