Crise du subprime : plongeon des marchés, les agences de notation sur la sellette... et Sarkozy intervient

Alors que le CAC40 est passé un temps sous les 5300 points, Nicolas Sarkozy a proposé au G7, par l'intermédiaire d'une lettre à Angela Merkel, de se saisir de la crise boursière actuelle pour veiller à la transparence des marchés. Le président français a par ailleurs assuré que cette crise n'affectera pas durablement la croissance. Parallèlement, Bruxelles se penche sur le rôle des agences de notation.

Alors que les marchés financiers chutent encore ce jeudi (à Paris, le CAC40 est passé un temps sous les 5300 points à son plus bas niveau de l'année) sous l'effet de la crise du "subprime", Nicolas Sarkozy a écrit ce mercredi à Angela Merkel, qui préside actuellement le G7, pour oeuvrer à l'amélioration de la transparence des marchés, "principal instrument de régulation sur lequel nous pouvons nous appuyer" selon le chef de l'Etat. "Il me semble en effet essentiel que nous veillions à la transparence du fonctionnement des marchés et à la capacité pour ces derniers de financer de façon efficace et stable l'économie mondiale", ajoute-t-il dans cette lettre rendue publique ce jeudi.

Malgré la crise financière liés à ces prêts hypothécaires à haut risque contractés aux Etats-Unis et les risques de contagion à l'ensemble de l'économie, le président français s'est dit "convaincu que ces mouvements de marché ne sauraient affecter durablement la croissance de nos économies, qui est robuste". Christine Lagarde, ministre de l'Economie, des finances et de l'emploi a abregé ses vacances à la demande de l'Elysée. Mercredi, elle avait maintenu ses prévisions de croissance, entre 2,25 et 2,5% pour l'ensemble de l'excercice, après la publication de chiffres pourtant décevants au deuxième trimestre (+0,3%).

"Tout en restant extrêmement attentifs aux évolutions de la situation, il me paraît de notre responsabilité de chefs d'Etat et de gouvernement de tirer dès à présent les conséquences et les enseignements des événements qui affectent les marchés", estime Nicolas Sarkozy. Il propose ainsi que les ministres des Finances des pays membres du G7 soumettent, "en liaison" avec les Banques centrales, le Forum de stabilité financière et le FMI, un "rapport d'analyse et de propositions" sur le sujet à l'occasion de leur réunion en octobre à Washington, tout en veillant que ces axes de progrès ne conduisent pas "à instaurer des mesures qui seraient de nature à rigidifier le financement de nos économies et à brider la croissance mondiale".

Le président de la République estime notamment qu'il serait "utile d'assurer les moyens d'une meilleure connaissance par les acteurs de marché et par les superviseurs des risques auxquels ils sont réellement exposés". "Les opérations de titrisation qui se sont développées de façon très dynamique au cours des dernières années ont (...) transféré des risques bancaires sur de très nombreux acteurs économiques (...). Les porteurs finaux de ces risques sont très mal identifiés aujourd'hui et cette méconnaissance est, en elle-même, un facteur d'instabilité".

De quoi s'interroger sur "le rôle exact que doivent jouer les agences de notation" qui doivent "apprécier la solidité des produits grâce auxquels les transferts de risque de crédit sont réalisés". "Leur rôle doit faire l'objet d'un examen attentif", estime le chef de l'Etat. Un avis partagé par la Commission européenne qui compte réexaminer le code de conduite volontaire des agences de notation de crédit. Mis en place suite à l'affaire Enron en 2003, ce code vise à prévenir les conflits d'intérêt entre les agences de notations et les entreprises qu'elles notent.

"Il est marquant de voir que les agences de notation n'ont pas répondu à ce qui était en train de se passer, au moins en plaçant sous surveillance les obligations titrisées", a ainsi indiqué ce jeudi un responsable de la Commission au Financial Times, rappelant que les problèmes du marché du crédit immobilier à risque aux Etats-Unis étaient connus depuis 2006 au moins, et que plusieurs avertissements avaient été formulés dès l'an dernier. "Il faudra notamment se demander si la méthodologie des notations permet une prise en compte suffisante des avertissements, et aborder le sujet des conflits d'intérêt."

Charlie McCreevy, commissaire européen au Marché intérieur, discutera du sujet en septembre avec le Comité européen des régulateurs des marchés de valeurs mobilières (CESR), qui rassemble les autorités de surveillance des marchés des 27 Etats membres. Il a demandé une rencontre avec son président, Eddy Wymeersch. Ce comité doit remettre en avril 2008 son second rapport sur la notation des instruments financiers, qui pourrait inspirer une série de propositions. Le commissaire devrait également s'entretenir de ce sujet avec ses partenaires américains pour tenter d'adopter une approche commune.

Réaction sobre à Berlin: "Sarkozy rejoint le débat"
A Berlin, le service de presse du gouvernement, interrogé par La Tribune, a réagi sobrement au courrier du président français adressé à la chancelière au sujet de la crise du "subprime". Par cette initiative, le président français "rejoint le débat" et "se saisit des propositions qui ont été amplement discutées au sommet du G8 (G7 et Russie) d'Heiligendamm sous présidence allemande" en juin dernier, déclare un porte-parole. A cette occasion, "la Chancelière a déjà souligné que le débat pour une meilleure transparence sur les marché financiers internationaux devait être poursuivi", ajoute la même source. Depuis aujourd'hui en voyage officiel au Groenland, Angela Merkel a visiblement d'autres soucis en voulant se rendre compte sur place des effets du réchauffement climatique de la planète.

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