Forte baisse des mises en chantier de logements aux Etats-Unis

Les mises en chantier et les permis de construire sont tombés à leur plus bas niveau depuis plus de dix ans aux Etats-Unis le mois dernier. De quoi contribuer encore à l'affolement des marchés, tétanisés par la crise des crédits immobiliers américains.

Voilà qui ne va pas contribuer à rasséréner les marchés, de plus en plus paniqués par la crise des crédits immobiliers américains: les mises en chantier de logements aux Etats-Unis ont fortement chuté le mois dernier, tombant à leur plus bas niveau depuis dix ans. Simultanément, les demandes de permis de construire ont également reculé, confirmant que la déprime immobilière américaine est bien installée.

Selon les chiffres publiés aujourd'hui par le département du Commerce, les mises en chantier se sont élevées à 1,381 million d'unités en juillet en rythme annualisé, contre 1,470 million (révisé de 1,467 million) en juin. Une chute de 6,1% qui porte cet indicateur à son plus bas niveau depuis plus de dix ans. La chute est encore plus forte qu'attendu, puisque les économistes interrogés par l'agence Reuters tablaient en moyenne sur une baisse à 1,405 million.

Côté permis de construire, ce n'est pas mieux: leur nombre s'est élevé le mois dernier à 1,373 million, après 1,413 million en juin. Là encore, c'est moins bien que les 1,40 million attendus par les observateurs. Ce recul de 2,8% porte les permis de construire à leur plus bas niveau depuis près de onze ans.

Autant dire que les signes de détérioration du marché immobilier se multiplient. Mercredi, l'indice NAHB du sentiment des promoteurs immobiliers était tombé pour juillet à son niveau le plus bas depuis janvier 1991, il y a plus de 16 ans.

Voilà qui ne devrait pas aider les marchés financiers à retrouver la sérénité. Les Bourses du monde entier sont secouées aujourd'hui par les retombées de la crise des crédits immobiliers à risque américains (subprime): la montée des défauts de paiement sur ces catégories de prêts suscite des difficultés financières pour nombre de prêteurs et d'investisseurs (banques, hedge funds, etc.). Or, une nouvelle détérioration du marché immobilier américain ne viendrait qu'aggraver le phénomène. Si la demande de biens immobiliers chute aux Etats-Unis, les prix suivront. Et il y aura d'autant plus de ménages qui auront du mal à revendre leurs biens et à rembourser leurs crédits.

De quoi alimenter encore la spirale de la perte de confiance sur les marchés. Comme le dit Michael Darda, chef économiste chez MKM Partners interrogé par Reuters, "ces chiffres sur le marché immobilier vont juste alimenter l'incendie. Les marchés financiers sont paniqués. Il semble bien que la peur éclipse actuellement les données fondamentales et cela pourrait durer encore un moment".

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