Le projet de réforme de l'immigration est abandonné aux Etats-Unis

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Le Sénat n'a pas réussi à adopter un texte visant à régulariser les clandestins et à réorganiser l'immigration pour les besoins de l'économie américaine.

Encore une réforme que George Bush aura ratée. Après les pensions et les impôts, l'immigration lui tenait particulièrement à coeur, en tant qu'ancien gouverneur du Texas. Manque de chance, dans la nuit de jeudi à vendredi, croulant sous le poids des amendements et des manoeuvres pour arrêter les débats, le projet de loi sur la réforme de l'immigration a été enterré au Sénat. Les chances qu'une loi prenne corps dans les dix-huit mois qui restent à George Bush pour son deuxième mandat sont extrêmement minces.

Du coup, la situation - celle, entre autres, de 12 millions d'émigrés clandestins aux Etats-Unis et d'un manque de main d'oeuvre criant dans de nombreux secteurs - est au point mort. Le projet de loi, que les deux partis, démocrate et républicain, avaient mis au point au prix de nombreux efforts durant ces trois derniers mois, aurait eu pour résultat, s'il était devenu loi, de régulariser, au moins en théorie, les illégaux, s'ils s'acquittaient d'une amende et si le chef de famille rentrait dans son pays d'origine pour obtenir ensuite un permis de travail aux Etats-Unis.

Par ailleurs, ces émigrés auraient pu, dans certaines conditions, telles que celle d'apprendre à parler correctement l'anglais, entamer le processus visant à obtenir la naturalisation américaine. En outre, le projet de loi prévoyait pour des "salariés invités" qu'ils puissent travailler aux Etats-Unis grâce à des permis de travail d'une durée de deux ans. Au bout de cette période, ils devraient rentrer chez eux au moins un an avant de pouvoir redemander un permis de travail.

Ces différentes dispositions, sous-tendues par un système de points à la canadienne pour la sélection des émigrés potentiels (les plus qualifiés obtenaient le plus de points) étaient largement critiquées, à gauche comme à droite. Chez les Démocrates, c'est l'aspect sélection qui posait le plus de problème, tandis que chez les Républicains la régularisation faisait grincer des dents.

Reste que si le projet de réforme était loin d'être parfait et qu'il remettait en cause la philosophie traditionnelle de l'immigration américaine, fondée notamment sur le regroupement familial, il tentait cependant de répondre aux problèmes économiques et sociétaux américains. Une société qui attire donc toujours plus d'émigrants clandestins, compte tenu de la pauvreté au sud du Rio Grande d'une part, et qui a besoin, de l'autre, de main d'oeuvre. Pas toujours qualifiée, d'ailleurs.

Si le rêve officiel est d'attirer les meilleurs cerveaux du reste du monde, le pays a encore et toujours besoin de main d'oeuvre de base, sur les chantiers, dans les cuisines de restaurants ou encore dans les vergers de l'arrière pays californien. Ce sont d'ailleurs les entreprises, et pas seulement dans la "high tech", qui ont été en pointe dans le lancement du débat sur l'immigration il y a plusieurs mois. Pragmatique, George Bush s'était aligné sur leurs positions.

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