Ban Ki-Moon fait du Darfour et de la Corée du Nord ses priorités

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Le nouveau secrétaire général de l'ONU veut avancer sur la crise soudanaise et le dossier nucléaire nord-coréen. Il a surpris les commentateurs en s'abstenant de rappeler l'opposition de l'ONU à la peine de mort, quelques jours après la pendaison de Saddam Hussein.

"J'entre en fonction à un moment intimidant dans les affaires internationales". Telle est la scène mondiale vue par le nouveau secrétaire général de l'ONU, le sud-coréen Ban Ki-Moon, qui entamait officiellement son mandat de cinq ans, ce mardi à New-York. Parmi les crises qu'il devra immédiatement gérer, Ban Ki-Moon a cité d'abord le Darfour, puis le Proche-Orient, le Liban, l'Iran, l'Irak et la Corée du Nord, autant de "défis" à affronter "collectivement".

Pour le Darfour, le conflit qui fait rage depuis bientôt quatre ans dans cette région de l'ouest du Soudan figure très haut dans l'ordre du jour, a assuré le secrétaire général, qui rencontrera ce mercredi matin le diplomate suédois Jan Eliasson, son représentant spécial à Khartoum. Il a en outre annoncé qu'il se rendrait au sommet de l'Union africaine prévu fin janvier à Addis-Abeba pour évoquer le conflit avec le président soudanais.

Le Darfour est le théâtre d'une guerre civile et d'exactions à grande échelle qui ont fait 200.000 morts et plus de 2 millions de déplacés depuis février 2003. L'ONU s'efforce de venir à bout de l'hostilité de Khartoum au déploiement d'une force de maintien de la paix co-dirigée par l'Union africaine.

Ban Ki-Moon a également fait du dossier nucléaire nord-coréen une priorité de son mandat. "En tant que secrétaire général, je vais d'abord m'efforcer de faciliter les progrès dans les négociations à six et j'évoquerai le sujet en profondeur avec les six parties (les deux Corées, les Etats-Unis, la Russie, la Chine et le Japon) ainsi qu'avec les membres du Conseil de sécurité, pour être en mesure de jouer mon propre rôle", a-t-il déclaré.

Les pourparlers à six visent à convaincre la Corée du Nord de renoncer à son programme nucléaire. Ils ont repris le 18 décembre à Pékin, après treize mois d'interruption, mais se sont achevés quatre jours plus tard sans résultat.

Interrogé sur l'exécution par pendaison, samedi dernier, de l'ancien raïs irakien Saddam Hussein, le secrétaire général a semblé rompre avec la ligne traditionnelle de l'ONU d'opposition à la peine de mort. Il a rappelé que Saddam s'était rendu coupable de "crimes odieux et d'atrocités innommables", ajoutant, conformément au droit international, que "la question de la peine capitale relève de chaque Etat membre".

Si les Nations-Unies "sont fermement hostiles à l'impunité", elles "restent opposées à la peine de mort, y compris en cas de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide", a rappelé en revanche Achraf Qazi, son représentant spécial en Irak, dans un communiqué. De son côté, la porte-parole de Ban Ki-Moon a assuré que ses propos ne reflétaient pas un changement de position de l'ONU qui reste opposée à la peine capitale.

Cette absence de condamnation formelle par Ban Ki-Moon de l'exécution précipitée de Saddam Hussein a alimenté en revanche les doutes sur la proximité supposée du nouveau secrétaire général de l'ONU avec le gouvernement américain, qui a vu sans déplaisir le départ de son prédécesseur, Kofi Annan, jugé trop critique par Washington.

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