Les pressions haussières s'accentuent sur les pétromonnaies

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Le riyal saoudien a atteint un point haut de vingt-et-un ans face au dollar, tandis que le Koweït a vu sa monnaie se réévaluer de 5,5% vis-à-vis du billet vert. Pour préserver le lien fixe de leur dirham au dollar, les Emirats Arabes Unis ont été contraint d'abaisser leurs taux.

La baisse accélérée du dollar pourrait rapidement condamner les pétromonarchies du Golfe à réévaluer leurs monnaies ou à rompre les liens qui les unissent au dollar, pour la plupart depuis le milieu des années 80. Trois événements sont intervenus dans la matinée, révélant l'aggravation des pressions haussières que subissent ces monnaies qui sont parmi les dernières à avoir maintenu le "peg", le taux de change fixe qui les arriment au dollar, la plupart ayant été rompus lors de la crise asiatique de 1997.

D'abord, le Koweït, seul pays de la région à avoir fait dissidence en indexant son dinar sur un panier de monnaies - où le dollar reste néanmoins très prééminent, mais qui inclut l'euro, la livre sterling et le yen - le 20 mai dernier, a décidé de laisser sa monnaie s'apprécier sans intervenir. Hier le taux de référence indiqué par la banque centrale du Koweit s'est établi à 0,27415, ce qui correspond à une réévaluation de 5,5% par rapport au dollar depuis l'abandon du "peg" formel.

De leur côté, les Emirats Arables Unis, qui avaient annoncé la semaine dernière qu'ils envisageaient d'indexer eux aussi leur monnaie - le dirham - à un panier, ont été contraints de suivre la politique monétaire de la Réserve fédérale pour atténuer les pressions haussière. Alors qu'ils sont en situation de surchauffe, qui nécessiterait un durcissement des conditions de crédit, ils ont dû se résoudre à abaisser les taux. La banque centrale, qui n'a pas de taux directeur, a réduit de dix points de base les taux des certificats de dépôts à six et neuf mois, à respectivement 4,40% et 4,30%, le taux à douze mois de quinze points de base à 4,15% et le taux à dix-huit mois de vingt points à 4%. Enfin, le riyal saoudien, la monnaie la plus importante de la région, a campé sur le point haut de vingt-et-un ans face au dollar atteint dès le début de la semaine à 3,7050, alors qu'elle tente de préserver le lien fixe de 3,75 pour un dollar en vigueur depuis juin 1986.

On le voit, les lézardes dans ce système de changes fixes se creusent. Il faudra suivre très attentivement les développements qui interviendront d'ici au 3 et 4 décembre, date où le Conseil de coopération du Golfe, qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis, le Qatar, Oman, Bahrein et le Koweït, donnera ses conclusions sur l'initiative inédite prise à Doha le week-end dernier lors de la réunion de l'Opep d'étudier un projet de découplage des monnaies du Golfe par rapport au dollar et de réévaluer certaines d'entre elles.

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