L'histoire se joue en Europe

 |   |  550  mots
Mieux vaut le chuchoter, mais le 29 mars 2007 a marqué un changement historique. Pour la première fois depuis la première guerre mondiale sans doute, la capitalisation boursière européenne a dépassé celle des Etats-Unis. Le point de vue de James Buckley, gérant du Baring Europa Fund et du Baring European Growth Trust, qui reste très favorable aux actions européennes.

Avant que nous ne laissions exploser notre joie, il convient cependant de moduler quelque peu cette constatation. Tout d'abord, ce calcul inclut à la fois les Bourses européennes traditionnelles que sont la France et l'Allemagne et les Bourses de pays émergents comme la Russie et la Turquie. D'autre part, la faiblesse du dollar par rapport à l'euro a sans aucun doute également contribué à la dépréciation de la Bourse américaine.

Cela dépend aussi des indices que nous prenons en compte. Cette constatation repose sur les indices Thomson Datastream, mais pas sur les indices FTSE ou MSCI qui sont ajustés du flottant. Ces derniers ne prennent pas en compte les importantes participations détenues par les Etats et qui constituent une caractéristique de nombreuses Bourses européennes. Si l'on ne tient pas compte de ces participations étatiques, alors les Etats-Unis continuent de surpasser l'Europe.

Mais cela étant établi, il est indéniable que les Bourses européennes ont bénéficié d'une forte croissance au cours des cinq dernières années, croissance supérieure à celle des Etats-Unis. Cela reflète l'important écart de performance entre les économies européennes et américaine, écart que nous retrouvons dans nos stratégies d'investissement chez Baring Asset Management où, dans nos allocations, nous préférons nettement les investissements en actions européennes.

En dépit des rendements élevés, nous croyons en effet que les valorisations restent attractives en Europe, avec le PER (ratio cours/bénéfices) prévisionnel de l'indice MSCI Europe, par exemple, au plus bas de sa fourchette historique des vingt dernières années. La saison des annonces de résultats des entreprises commence juste en Europe, mais jusqu'ici les résultats ont été en phase avec les anticipations, voire supérieurs dans certains cas compte tenu du coup de pouce supplémentaire conféré par la forte hausse des dividendes, les rachats d'actions et le niveau record des fusions et acquisitions.

Il y a naturellement aussi des éléments négatifs, essentiellement en provenance des Etats-Unis. La combinaison d'une croissance américaine à venir moins forte et de la faiblesse persistante du dollar face à l'euro signifie qu'il sera sans doute plus difficile pour les entreprises exportatrices vers les Etats-Unis de dépasser leurs prévisions de bénéfices. Les Etats-Unis ont aussi été la locomotive de la croissance économique internationale depuis plusieurs années et, si ce rôle incombe maintenant à l'Asie, il reste à voir comment va s'opérer la transition.

Cependant, nous pensons par-dessus tout que l'environnement reste favorable pour les Bourses européennes et nous sommes pratiquement 100% investis sur les fonds en actions européennes que nous gérons. Nous pourrions voir les marchés reprendre leur souffle alors que nous nous approchons de l'été mais nous nous attendons néanmoins à ce que les Bourses européennes terminent l'année au dessus de leurs niveaux actuels.

Notre stratégie d'investissement est essentiellement basée sur une sélection de valeurs bottom-up. Les portefeuilles que nous gérons présentent actuellement un biais industriel et une entière pondération sur les valeurs financières. Nous sommes relativement prudents sur les valeurs liées aux services publics et pour l'heure, nous sommes très méfiants sur le marché espagnol.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :