Premier conseil des ministres pour l'équipe Fillon, marquée par l'ouverture et la parité

A l'occasion du premier conseil des ministres, Nicolas Sarkozy a réaffirmé l'objectif du plein emploi dans cinq ans. Le Premier ministre, François Fillon, a annoncé la convocation, après les législatives, d'une session extraordinaire du Parlement, consacrée à la fiscalité et au travail. Il a promis la réduction du déficit et de la dette en cinq ans. Le gouvernement Fillon est marqué par la parité et l'ouverture.

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Nicolas Sarkozy a affirmé ce vendredi en conseil des ministres qu'"il tiendrait tous ses engagements", en rappelant que le plein emploi devrait être atteint en cinq ans, a rapporté la porte-parole du gouvernement, Christine Albanel. Le président de la République "a insisté en particulier sur la réforme du code pénal, sur la récidive des mineurs", a déclaré la nouvelle porte-parole. Il "a insisté sur tous les engagements en matière fiscale, il a rappelé que le plein emploi devrait être atteint au bout de cinq ans", a-t-elle souligné en ajoutant qu'il avait aussi insisté sur "l'égalité professionnelle et l'égalite entre hommes et femmes d'ici à une échéance de deux ans".

Par ailleurs, le Premier ministre, François Fillon, a annoncé la convocation, après les élections législatives, d'une session extraordinaire du Parlement, avec trois priorités. Il a précisé, vendredi sur TF1, que la première sera la "réhabilitation du travail, avec immédiatement la libération des heures supplémentaires, détaxées et déchargées". François Fillon a précisé le deuxième axe : la fiscalité. Il annoncé "une révolution fiscale avec deux mesures d'application immédiate", la suppression des droits de succession "pour 95% des Français sauf les plus grandes fortunes" et la déduction de l'impôt sur le revenu des intérêts d'emprunts pour financer l'achat de son logement. Enfin, le Premier ministre insiste sur la sécurité. Le Parlement, a-t-il précisé, examinera d'abord deux "textes qui sont déjà prêts", l'un instaurant des peines plancher pour les multirécidivistes et l'autre mettant la majorité pénale à 16 ans pour les mineurs multirécidivistes.

De plus, François Fillon a promis vendredi de "réduire le déficit du budget de l'Etat et la dette en cinq ans". "Il faut relancer la croissance et pour relancer la croissance, il faut des réformes structurelles que nous allons engager - c'est justement ce qui a manqué par le passé- et pour faire ces réformes il ne faut pas hésiter à amorcer les choses"

Ces annonces ont conclu une journée débutée par l'annonce de la composition du nouveau gouvernement. Ainsi que Nicolas Sarkozy l'avait promis, l'équipe est resserrée (quinze ministres) et respecte une parité presque parfaite avec sept femmes nommées à des postes importants comme Michèle Alliot-Marie à l'Intérieur ou Rachida Dati à la Justice.

L'avocate Christine Lagarde, jusqu'alors en charge du Commerce extérieur, se voit confier le ministère sensible de l'Agriculture et de la Pêche, tandis que la nouvelle ministre de la Culture, Christine Albanel, ancienne collaboratrice de Jacques Chirac et présidente de l'Etablissement public de Versailles, sera aussi porte-parole. Christine Bachelot revient au gouvernement à la Santé, la jeunesse et les sports, tandis que Christine Boutin, dont la nomination est un gage donné aux milieux catholiques, s'occupera du Logement et de la ville.

Comme prévu ces derniers jours, Alain Juppé, numéro deux du gouvernement en tant que seul ministre d'Etat, prend la tête d'un grand ministère environnemental, tandis que Bercy est séparé en deux avec un ministère de l'Economie, des Finances et de l'Emploi confié à Jean-Louis Borloo, et celui du Budget et des comptes publics à Eric Woerth, ancien trésorier de l'UMP. Le fidèle du président, Brice Hortefeux, sera en charge d'un grand ministère de l'Immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du co-développement.

L'ouverture promise est incarnée par le centriste Hervé Morin, ancien proche de François Bayrou, à la Défense et surtout le socialiste Bernard Kouchner aux Affaires étrangères. Eric Besson, qui avait lâché Ségolène Royal pour Nicolas Sarkozy avant le premier tour de la présidentielle, devient secrétaire d'Etat chargé de la prospective économique. Le haut fonctionnaire Jean-Pierre Jouyet, proche du couple Hollande-Royal, est nommé, lui, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes.

Outre ces deux nominations, la surprise vient aussi de l'annonce de quelques secrétariats d'Etat supplémentaires confiés au sénateur Karoutchi (relations avec le parlement) et à Dominique Bussereau, ancien ministre de l'Agriculture, aux transports. Enfin, un Haut-Commissaire chargé des "solidarités actives contre la pauvreté" est nommé en la personne de Martin Hirsch, jusqu'alors président d'Emmaüs-France. Claude Guéant a précisé que Martin Hirsch participerait au conseil des ministres "pour les affaires relevant de ses attributions", comme un secrétaire d'Etat.

Quelle que soit la suite des événements, Nicolas Sarkozy aura, avec ce nouveau gouvernement, réussi une triple performance. D'une part, réussir une parité hommes-femmes presque parfaite, en tout cas jamais égalée par les précédents gouvernements. D'autre part, afficher une ouverture politique assez large, y compris en direction de personnalités qui, à l'instar de Bernard Kouchner, ne ménageaient pas leurs critiques envers lui avant les élections. Enfin, avec la promotion de Rachida Dati au poste prestigieux et sensible de Garde des Sceaux, il donne un signal fort à la communauté issue de l'immigration.

Tandis que la gauche est profondément déstabilisée par l'ouverture affichée par ce nouveau gouvernement, le Premier ministre a affirmé vendredi que "chacun est libre" au sein de son équipe et qu'il ne "demande à personne de renoncer à ses convictions". La constitution de ce gouvernement, c'est "une rupture supplémentaire", a-t-il déclaré lors de son premier déplacement sur le terrain, dans un foyer parisien accueillant des mères isolées en grande difficulté. "Tout le monde parlait de l'ouverture depuis très longtemps, on la fait", a-t-il insisté. "Et on la fait avec un seul souci", celui de "faire venir toutes les bonnes volontés, avec les hommes et les femmes qui ont envie que notre pays se porte mieux", a poursuivi François Fillon.

"Mais enfin, dans un pays comme le nôtre, sur la question de l'exclusion, des retraites, de la politique européenne, on doit bien pouvoir rassembler des hommes et des femmes qui viennent d'horizons politiques différents", a encore estimé le nouveau chef du gouvernement.

A peine installé, Alain Juppé a de son côté confirmé la rencontre, lundi matin, aux côtés du président Sarkozy, avec les associations d'environnement, et l'après-midi avec des responsables d'entreprises et des personnalités scientifiques et intellectuelles. Il s'agira de dresser l'ordre du jour provisoire du "Grenelle de l'environnement" qui doit se tenir à l'automne, "en septembre ou en octobre". "Il ne s'agira pas d'une énième conférence sur l'environnement mais d'arrêter un choix d'objectifs précis et d'actions concrètes à mettre en oeuvre", a-t-il souligné.

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