Les autres films de la semaine

Parmi les sorties de cette semaine: "Tehilim", "Maurice Pialat, l'amour existe", "Pas douce", "Le mas des alouettes", "Black snake moan" et "UV".

"Tehilim"
Dans tous ses films, le jeune cinéaste Raphaël Nadjari questionne l'identité juive et la distance des individus par rapport à la tradition religieuse. Dans "Tehilim" (en hébreu: les psaumes), il conte une très troublante histoire de disparition. Celle du père d'une famille très unie de Jérusalem qui se volatilise un jour sans raison. Laissant sa femme et ses deux garçons dans le désarroi. Ceux-ci sont écartelés entre les deux pôles de leur entourage. D'un côté, la famille très envahissante de leur père qui organise des prières collectives au domicile du disparu pour le faire revenir. De l'autre, leur mère qui, sans être une laïque militante, voudrait se retrouver seule avec ses enfants et assumer dans le calme ce coup dur tout à fait inattendu. On ne peut que lui donner raison. Mais en se gardant de prendre une position claire, Raphaël Nadjari maintient l'ambiguïté.
N. T.

"Maurice Pialat, l'amour existe"
Veuve de Maurice Pialat, regretté cinéaste disparu en 2003, Syvie Pialat a commandé à Anne-Marie Faux et Jean-Pierre Devillers ce documentaire inspiré qui met en résonance la vie de ce cinéaste exigeant et son oeuvre qui touchait un public très large. Avec pour témoins ses acteurs fétiches, Gérard Depardieu et Sandrine Bonnaire, qui apportent des éclairages émouvants sur le détenteur de la dernière palme d'or remportée par la France au festival de Cannes en 1987 pour "Sous le soleil de Satan".

"Pas douce"
Deux jeunes blessés de la vie se retrouvent dans une chambre d'hôpital et vont tenter de s'apprivoiser. Fred, infirmière de nuit dans un hôpital suisse, essaye d'échapper à son mal-être en faisant une tentative de suicide. Elle échoue et blesse Marco, un adolescent en rébellion surtout depuis que sa mère est partie vivre au Portugal. Il entre dans le service de Fred, qui devient son infirmière.

Dans ce mélo dramatique réalisé par Jeanne Waltz, où deux êtres blessés vont se sauver mutuellement et mûrir au contact l'un de l'autre, le scénario manque parfois de crédibilité. Les conséquences de la découverte par Marco de son agresseur sont vite traitées. L'actrice Isilde le Besco, interprète de Fred, est le personnage central de ce film, où pas une scène n'est filmée sans qu'elle n'apparaisse.
I. M.

"Le mas des alouettes"
En 1915 en Turquie, alors que la guerre fait rage en Europe, la famille Avakian enterre le patriarche tout juste décédé. Assadour, le fils aîné qui a émigré en Italie, s'apprête à revenir pour hériter du mas des alouettes. Son frère Aram, joué par Tchéky Karyo, et sa femme Armineh se préparent, avec le reste de la famille, à les accueillir. D'origine arménienne, la famille Avakian tarde à comprendre ce qui se prépare. Bientôt, les soldats turcs envahissent le mas des alouettes et massacrent les membres de sexe masculin. Les survivantes sont alors emmenées par l'armée turque dans le désert.

Sur fond de fresque historique, d'amour impossible entre la belle Nunik, soeur d'Armineh, et un officier turc, ce film réalisé par les frères Taviani peine à faire passer les émotions. Adapté du roman d'Antonia Arslan, le film est long et fade. L'effet est peu réussi et la mise en scène trop théâtrale. Décevant. Dommage.
I. M.

"Black snake moan"
Dans cette complainte du serpent noir, on retrouve l'atmosphère chaude et lancinante d'un état du sud des États-Unis. Rae, abusée par son père dans sa jeunesse et dont la mère n'a pas su ou pas voulu la protéger, est envahie par un démon intérieur qui la fait se livrer à tous les hommes de la ville dès que son petit ami est parti rejoindre les rangs de l'armée. Lazarus, que sa femme vient de quitter, la retrouve un matin sur le bord de la route à moitié nue et couverte d'ecchymoses. Il la recueille, et l'enchaîne pour la délivrer de ses démons. Très américaine, cette histoire de soumission et de rédemption, qui se déroule dans l'état du Tennessee, est très marquée par l'évangélisme noir américain. On y découvre aussi les premiers pas d'acteur du chanteur Justin Timberlake à côté du très expérimenté Samuel L. Jackson. Ce film, très rythmé par la musique de blues et réalisé par Craig Brewer, vaut surtout par la représentation d'une certaine Amérique.
I. M.

"UV"
Sur une île provençale, une famille s'ennuie dans son somptueux mas sorti tout droit d'un magazine Elle & décoration. La beauté du lieu, le chant des cigales, le soleil écrasant, le raffinement des repas, les habits impeccables et l'élégance des protagonistes, en particulier des parents, Jacques Dutronc et Marthe Keller (jadis nominée aux oscars pour son rôle dans Marathon Man), c'est comme une sorte de rêve où l'on sentirait presque les effluves de myrte et de bruyère. L'ennui ambiant est rapidement distrait par l'intrusion d'un homme charmant. Il se dit l'ami du frère qui est supposé arriver le lendemain. Mais ce denier tarde, et insidieusement le doute s'installe autour de l'intrus. A mi-chemin entre le thriller, la satire sociale et le film contemplatif, "UV" rappelle vaguement "Plein soleil". Dommage que la torpeur méridionale finisse par accabler bien avant la fin.
C. M.

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