Le Nigeria s'engage dans la voie de la démocratie

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Les Nigérians sont appelés aux urnes, demain samedi, pour désigner leur nouveau président et renouveler le Parlement. Le bon déroulement des élections est crucial pour ce pays, premier producteur de pétrole du continent.

Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique avec 140 millions d'âmes, espère tourner demain, samedi, une page de son histoire avec des élections cruciales pour désigner le nouveau président et renouveler le Parlement. 61,5 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour réaliser la première transition entre civils depuis l'indépendance en 1960 dans ce pays premier producteur de pétrole du continent (2,3 millions de barils par jour et 35 milliards de barils de réserves).

Le favori du scrutin reste le dauphin imposé par le président Olusegun Obasanjo pour briguer sa succession au nom du Parti démocratique du peuple (PDP), le discret gouverneur de l'État nordiste et musulman de Katsina, Umaru Yar'Adua. Le "monde nous regarde et nous ne pouvons pas nous permettre de décevoir nous-mêmes, nos amis et le monde", a déclaré vendredi matin le président Obasanjo dans une allocution télévisée à la nation.

Le président, qui quittera officiellement ses fonctions le 29 mai après huit ans au pouvoir, n'a visiblement pas été insensible à l'avalanche de critiques internationales sur la façon dont se sont déroulées les élections régionales du 14 avril, marquées par la mort d'au moins 21 personnes.

Le bon déroulement de l'élection est en effet crucial pour ce pays miné par la violence, notamment dans le delta du Niger qui abrite l'essentiel des ressources pétrolifères du pays. Après des décennies d'une gestion chaotique, les performances du Nigeria se sont considérablement améliorées ces dernières années.

Le pays a connu une croissance économique de 7,3 % l'an en moyenne sur la période 2003-2006 contre 3 % au cours des années 1995-2002. Plus encourageant encore, cette accélération de la croissance est essentiellement le fait des secteurs non pétroliers, notamment de l'agriculture.

Pour le Nigeria, qui entend porter sa production de pétrole à 4 millions de barils en 2010, la victoire d'Umaru Yar'Adua serait, selon Goldman Sachs, les gages d'une poursuite des réformes engagées sous Obansajo et de la lutte contre la corruption. La très forte dépendance de l'État aux revenus pétroliers - 90 % des recettes fiscales - laisse toutefois le pays à la merci d'un plongeon des cours de l'or noir.

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