Amour compulsif
La Tribune
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Qui aujourd'hui connaît Constance de Salm, née de Théis, comtesse de Reifferscheidt-Dyck, décédée en 1845 alors en pleine gloire ? Plus personne - même pas le dictionnaire des Lettres -? sauf le spécialiste d'Alexandre Dumas, Claude Schopp qui a eu la très heureuse idée de rééditer son unique ouvrage publié avec succès en 1824.
Sous forme de 44 lettres écrites sous l'impulsion d'une jalousie foudroyante, celle qui tenait salon dans ses somptueuses demeures, décrit avec une extrême sensibilité les affres de voir disparaître son amant. Réalité ou hallucination: la fin sera pour une fois jubilatoire. Elle décline avec passion les tourments de le savoir avec une autre, les fièvres de la trahison, les insomnies du désespoir.
D'une écriture raffinée dont le style impose un évident talent littéraire, ce petit texte se révèle être une réelle découverte, à comparer avec le remarquable "Laissez moi" de Marcelle Sauvageot, (chez le même éditeur) autre ode à l'amour compulsif, là aussi unique livre d'un auteur qualifié de féministe.
A signaler l'interssante post-face de Claude Schopp qui situe ce roman dans une époque où la femme - à l'opposé de Constance de Salm - se devait de tenir son rang: en arrière-plan...
Renseignements pratiques :
" 24 heures d'une femme sensible" de Constance de Salm; Editions Phébus, 189 pages, 10 euros
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