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La démission du ministre des Finances fragilise un peu plus laThaïlande

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Publié le 01 mars 2007 à 14:20 - Mis à jour le 23 octobre 2008 à 18:41

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Le vice-Premier ministre et ministre des Finances a démissionné brusquement suite à des tiraillements au sein de l'équipe au pouvoir sur la politique économique. Depuis le coup d'Etat, la conjoncture se dégrade.

Le vice-Premier ministre et ministre thaïlandais des Finances, Pridiyathorn Devakula, a brusquement annoncé sa démission ce mercredi alors que la junte, au pouvoir depuis septembre, peine à convaincre les milieux d'affaires qu'elle a la situation en main.Cette démission est intervenue peu avant une déclaration de la banque centrale qui a confirmé une baisse notable de la consommation et des investissements depuis le coup d'Etat à Bangkok.

"Je démissionne de tous mes postes. J'en ai parlé au Premier ministre (Surayud Chulanont). Il a approuvé ma démission et (la) comprend", a déclaré le ministre qui a été à l'origine de mesures controversées et de voltefaces ces derniers mois. Ancien gouverneur de la Banque de Thaïlande, Pridiyathorn Devakula, 59 ans, avait été nommé ministre des Finances après le putsch militaire ayant renversé le gouvernement de Thaksin Shinawatra.

Mercredi, il a confirmé des divergences au sein de l'administration intérimaire en soulignant qu'il n'avait pas du tout apprécié la nomination par le Premier ministre le 15 février de Somkid Jatusripitak, ex-bras droit de Thaksin, pour diriger une nouvelle équipe de conseillers économiques. "Je pense qu'il y avait des projets secrets", a affirmé le ministre démissionnaire.

M.Somkid, qui avait rejoint le gouvernement pour mieux expliquer la politique économique aux investisseurs étrangers, avait claqué la porte le 21 février, moins d'une semaine après sa nomination, en affirmant vouloir "désamorcer" un "conflit" potentiel au sein du pouvoir. De son côté, le ministre démissionnaire était critiqué depuis plus de deux mois par une partie de la presse et des milieux d'affaires à propos de la gestion de l'économie, en rupture totale avec l'ouverture et le libéralisme, dont Thaksin s'était fait le champion en Asie du Sud-Est pendant ses cinq années de pouvoir.

Les milieux d'affaires ont été déboussolés par des mesures gouvernementales pour contrôler les capitaux entrants (la Bourse de Bangkok avait chuté de près de 15% le 19 décembre) et restreindre la participation des étrangers au capital de certaines entreprises. De mystérieux attentats à la bombe à Bangkok juste avant le Nouvel An (trois morts, des dizaines de blessés) ont également ébranlé la confiance quant à la stabilité de la Thaïlande.

Depuis le putsch, on assiste à une baisse de la consommation et des investissements, et les milieux d'affaires s'inquiètent d'une chute éventuelle des exportations qui ferait à coup sûr reculer la croissance (autour de 5% en 2006). "Les exportations devraient ralentir cette année", a averti Suchada Kirakul, gouverneur adjoint de la Banque de Thaïlande.

Mercredi, la banque centrale a baissé d'un nouveau quart de point son taux directeur, fixé désormais à 4,5%, dans l'espoir de limiter les effets d'un ralentissement économique. La démission du vice-Premier ministre "révèle sans doute une fracture" au sein des milieux d'affaires thaïlandais entre deux clans, l'un plus conservateur incarné par le ministre démissionnaire, l'autre plus jeune qui "a fini par avoir sa peau", a estimé une analyste économique occidentale. Il avait été "humilié par la nomination" de M. Somkid, a-t-elle poursuivi.

Selon Kiat Sitthee-amorn, membre de l'équipe économique du Parti démocrate, plus vieille formation politique du pays, la démission du ministre des Finances confirme l'existence de "désaccords" au sein du pouvoir sur la façon dont l'économie doit être gérée. "Nous souhaitons que l'administration intérimaire nomme un ministre qui soit bien accepté pour sa capacité à gérer l'économie", a-t-il insisté.

La Fédération des industries thaïlandaises a estimé, par la voix de son président Santi Vilassakdanont, que le départ de M. Pridiyathorn soulevait "de nombreuses questions, principalement sur la stabilité du gouvernement et sur la nature de possibles changements en préparation".

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