Le Premier ministre japonais s'accroche au pouvoir malgré sa lourde défaite

Malgré une défaite cinglante aux élections sénatoriales, le Premier ministre de la deuxième économie mondiale, Shinzo Abe, n'entend pas démissioner. Fiasco de la gestion du systeme de sécurité sociale et divers scandales ont entaché son gouvernement ces derniers mois.

Comme prévu, la défaite a été retentissante. La coalition du Premier ministre conservateur japonais Shinzo Abe a essuyé comme prévu une très lourde défaite lors des élections sénatoriales de dimanche, perdant sa majorité à la Chambre haute, indiquent des sondages réalisés à la sortie des urnes. Mais margré cela, le Premier ministre conservateur japonais Shinzo Abe a affirmé dimanche soir qu'il entendait rester au pouvoir.

Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, le Parti libéral-démocrate (PLD) de Shinzo Abe et son allié, le petit parti bouddhiste du Nouveau Komeito, obtiennent à eux deux seulement 46 des 121 sièges en jeu. Le PLD et le Komeito devaient conserver au moins 64 sièges, sur les 76 qu'ils défendaient, pour garder le contrôle du Sénat. L'omnipotent PLD de Shinzo Abe, qui règne sans alternance sur l'Archipel depuis plus d'un demi-siècle, ne gagne à lui seul que 37 sièges (contre 64 avant le scrutin), une déculottée historique. C'est la première fois depuis sa création en 1955 que le PLD n'est pas le plus gros parti dans l'une des deux chambres du Parlement (Sénat et Chambre des députés). La victoire est également historique pour les centristes du Parti démocrate du Japon (PDJ), la principale force d'opposition, qui double pratiquement son score en remportant 60 sièges. C'est la première fois que le PDJ, fondé en 1998, est majoritaire dans l'une des deux assemblées japonaises. Parmi les autres formations de l'opposition, le Parti communiste japonais (PCJ) perd deux sièges et les Socialistes un, confirmant le déclin apparemment inexorable de la gauche nippone.

Cette cuisante défaite menace la survie politique de Shinzo Abe, arrivé au pouvoir il y a seulement dix mois et qui est, à 52 ans, le plus jeune Premier ministre du Japon depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Avant le scrutin, Shinzo Abe avait déjà fait savoir qu'il ne démissionnerait pas.

En effet, l'écrasante majorité dont disposent le PLD et le Nouveau Komeito depuis 2005 à la Chambre des députés, qui élit le Premier ministre, permet en théorie à Shinzo Abe de se maintenir au pouvoir même en ayant perdu le contrôle du Sénat. Mais, selon les politologues, la pression pour qu'il démissionne sera très forte si la défaite annoncée se transforme en débâcle historique.

Si ce résultat se confirme, c'est la première fois en neuf ans que le PLD perd la majorité dans une des deux chambres depuis 1998. Le PLD n'a toutefois pas immédiatement reconnu sa défaite. "Le compte des votes vient à peine de commencer. Nous ne saurons rien tant que tous les bulletins n'auront pas été comptés", a insisté le chef du comité électoral du PLD, Yoshio Yatsu.

"Ces élections ont représenté pour nous une rude bataille, à cause des scandales des retraites et des affaires financières", a-t-il cependant reconnu. La popularité de Shinzo Abe s'est effondrée ces derniers mois en raison d'une série de scandales de corruption et, surtout, de la révélation d'un monumental fiasco dans la gestion du système de sécurité sociale.

Quelque 50 millions de dossiers de cotisants sont devenus purement et simplement inutilisables. De nombreuses personnes âgées se sont vues refuser toute pension après avoir parfois cotisé pendant des décennies, l'administration ayant perdu toute trace de leurs versements passés.

Quelque 104,5 millions d'électeurs japonais étaient appelés aux urnes pour renouveler la moitié des 242 membres du Sénat. Sur les 121 sièges mis en jeu, 48 l'étaient au moyen d'un scrutin à la proportionnelle national, et les 73 restants au moyen d'un scrutin majoritaire dans autant de circonscriptions.

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