Le gouvernement s'attaque aux nuisances sonores des aéroports parisiens

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Pour offrir plus de silence aux trois millions de riverains vivant non loin des aéroports de Roissy (540.000 décollages et atterrissages par an), d'Orly (230.000 mouvements annuels) et du Bourget (1er aéroport d'affaires en Europe), le gouvernement propose un plan qui commencera dès 2008.

Le gouvernement s'attaque aux nuisances sonores des aéroports parisiens, avec un plan présenté mardi qui relève l'altitude des avions à leur arrivée sur la capitale et instaure des surtaxes de décollage en soirée.
Pour offrir plus de silence aux trois millions de riverains vivant non loin des aéroports de Roissy (540.000 décollages et atterrissages par an), d'Orly (230.000 mouvements annuels) et du Bourget (1er aéroport d'affaires en Europe), le gouvernement propose un plan qui commencera dès 2008.

"D'ici trois ans, nous voulons deux fois moins de bruit", a affirmé la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, lors d'une conférence de presse tenue à Paris avec son homologue aux Transports Dominique Bussereau.

Le plan prévoit le relèvement progressif à partir de 2008 de 300 mètres de l'altitude de tous les avions à l'arrivée dans la région parisienne". Actuellement, en région parisienne, l'altitude à laquelle les avions amorcent leur atterrissage se situe entre 600 et 1.200 mètres, selon les aéroports.
Il stipule également une généralisation progressive des procédures d'atterrissage moins bruyantes à partir de 2008.
Les décollages en "soirée", entre 18 et 22 heures seront aussi davantage taxés. Jusqu'ici la Taxe sur les Nuisances Sonores Aériennes (TNSA), qui dépend de la taille et du type d'avion, ne variait qu'en fonction de vols réalisés "de jour" ou "de nuit".

Selon M. Bussereau, la hausse de cette taxe ne risque pas de faire fuir les compagnies aériennes des aéroports parisiens: "Le slot (créneau horaire) à Orly est une donnée tellement rare et chère qu'il y aura toujours de la demande".

Des moyens financiers supplémentaires vont être également alloués pour aider les riverains à l'insonorisation. "Ainsi pour l'aéroport d'Orly, un doublement du produit de la TNSA, va permettre de traiter d'ici deux ans les 1.500 logements en attente d'insonorisation. Les ressources disponibles atteindront 23 millions d'euros en 2008", selon le projet gouvernemental.

Enfin, le gouvernement français "prouve" que sa lutte contre les nuisances sonores est "une priorité" en "doublant pour 2008 le budget de la recherche aéronautique, qui passe de 52 millions d'euros à 104 millions". "Nous avons fixé pour objectif" aux constructeurs de réduire de 50% le bruit de leurs avions "d'ici à 2020", a déclaré M. Bussereau.

Ces mesures "qui concilient le développement économique de l'aéroport et le respect de l'environnement et des riverains nous conviennent parfaitement", a commenté un porte-parole d'Aéroport De Paris, exploitant des trois aéroports.

"Air France va participer aux expérimentations sur Roissy et Orly", a observé laconiquement une porte-parole de la compagnie française, dont la plate-forme de correspondance se trouve à Roissy.

"Ce plan va dans le bon sens, car il est normal que les professionnels soient associés aux frais d'insonorisation. Cependant, nous aurions souhaité que ces mesures soient accompagnées d'une démarche équilibrée qui intègre une maîtrise du développement de l'urbanisme, en limitant les installations de riverains dans les zones exposées aux bruits", a déclaré un porte-parole de la Fédération nationale de l'aviation marchande (FNAM).

Côté riverains, pointait un certain scepticisme. "Ces mesures ne sont pas nouvelles et permettront juste à la France de se rattraper aussi bien en ce qui concerne les retards de traitement dans les dossiers de riverains déjà en instance, que dans l'application des réglementations européennes", a estimé l'Association Ville et Aéroports.

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