Pour séduire l'Europe, la Turquie accélère le rythme de ses réformes

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L'ambassadeur turc auprès de l'Union européenne Volkan Bozkir a déclaré que la Turquie allait accélérer les réformes législatives en vue de son adhésion à l'Union européenne. Les négociations avaient été interrompues en décembre, notamment en raison du statut de Chypre, point de contentieux majeur entre les deux parties.

Alors que Nicolas Sarkozy a exprimé dimanche ses réticences sur le sujet, la Turquie, elle, a bien l'intention d'intégrer un jour l'Union européenne (UE). Après la suspension des négociations en décembre en raison notamment du refus de la Turquie de reconnaître Chypre, l'ambassadeur turc à l'Union européenne, Volkan Bozkir, a déclaré vouloir accélérer le rythme des réformes dans le pays en vue de son adhésion, dans un entretien accordé au Financial Times paru aujourd'hui.

Cette position "traduit la volonté de la Turquie de maintenir ses relations avec l'UE", déclare Volkan Bozkir au FT. "Celaa aurait été facile pour la Turquie de réagir d'une manière brutale, de geler une partie de ses relations ou bien d'adopter une attitude de dépit", poursuit l'ambassadeur.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ont décidé en décembre la suspension de 8 des 35 chapitres des négociations d'adhésion de la Turquie, qui refuse d'ouvrir ses ports et aéroports à la République de Chypre, contrairement à ses engagements pris avant l'ouverture de ces discussions en octobre 2005. Partie de l'île qui est membre de l'Union européenne depuis 2004, la république de Chypre est peuplée d'habitants orthodoxes de culture grecque, tandis que le république turque de Chypre du Nord, reconnue par la Turquie, est habitée par des musulmans de culture turque.

La semaine dernière, le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gül a présidé une réunion de plus de 150 responsables gouvernementaux afin d'établir une feuille de route sur les réformes à entreprendre d'ici 2013, afin d'aligner le pays sur les normes de l'UE. Les réformes à faire d'ici 2013 seront soumises à examen à la fin janvier et la priorité sera alors donnée pour que les lois de son pays s'alignent sur celles des normes de l'UE. "Une initiative positive, qui montre que la Turquie cherche l'intérêt de ses citoyens en plus de vouloir intégrer l'UE", a indiqué Olli Rehn, commissaire européen chargé de l'élargissement.

Volkan Bozkir a toutefois ajouté qu'il n'y aurait pas d'amendements à l'article 301 qui fait de l'insulte à la Turquie ou à ses dirigeants un crime devant être jugé au pénal- avant les prochaines élections cette année. Selon le diplomate, une jurisprudence sur la liberté d'expression serait plus efficace qu'un changement de législation sur le sujet.

Hier lors de son premier discours officiel de campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy s'est exprimé en défaveur de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. L'Europe, oui, mais sans élargissement immodéré, a déclaré le ministre de l'Intérieur. "Nous voulons l'Europe, nous la voulons parce que sans elle nos vieilles nations ne pèseront rien dans la mondialisation, sans elle nos valeurs ne pourront pas être défendues, sans elle le choc des civilisations deviendra plus probable", a déclaré Nicolas Sarkozy. "A élargir sans limite l'Europe, on prend le risque de détruire l'union politique européenne. Cela je ne l'accepte pas", a-t-il ajouté en parlant de la Turquie.

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