Chute des fusions-acquisitions et des émissions obligataires en août

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La crise, à l'origine localisée sur le marché des prêts immobiliers à risque ("subprime") américains, a tétanisé les investisseurs. A partir du mois de juillet, ceux-ci se sont montrés de plus en plus réticents à acquérir des actifs considérés comme risqués. Résultat : faute de financement disponible, de nombreuses opérations ont été annulées. Le montant des fusions/acquisitions dans le monde est ainsi tombé à 178,6 milliards de dollars le mois dernier, en baisse de 32% par rapport à août 2006. A 123 millions de dollars, la valeur moyenne des transactions est revenue à son niveau le plus bas depuis novembre 1994 et seule une opération de plus de 5 milliards de dollars a été conclue en août (l'acquisition de National Starch and Chemical, filiale du britannique ICI, par le groupe de chimie allemand Henkel), ce qui n'était plus arrivé depuis quasiment deux ans. L'activité de fusions-acquisitions a fléchi de 26% aux Etats-Unis et de 47% en Europe. En revanche, "l'Asie a été largement épargnée par les événements récents", souligne Thomson Financial.Parallèlement, le nombre d'émissions obligataires est tombé à 892, "le montant mensuel le plus faible depuis mai 1993". Les émetteurs de dette dite "spéculative" ont logiquement repoussé leurs opérations à plus tard. Seuls deux emprunts obligataires "high yield" ont été placés, ce qui n'était plus arrivé depuis août 1991. Quant au marché de la titrisation, il a accueilli 65% moins d'émissions internationales (79,9 milliards de dollars, au travers de 101 opérations) que l'année dernière à la même époque. Prudentes, les banques ont également syndiqué un volume nettement moins important de prêts. Avec 383 prêts syndiqués, le mois d'août 2007 apparaît comme le pire mois depuis janvier 2004. Le tableau est nettement plus contrasté lorsque l'on s'intéresse aux marchés actions. Si, sur les places européennes, l'activité a diminué, elle s'est renforcée de 62% aux Etats-Unis et de 109% en Asie par rapport à l'année précédente. Au total, le volume d'introductions en bourse a atteint 7,4 milliards de dollars, dont 2,4 milliards de dollars aux Etats-Unis. VMWare a même annoncé la quatrième plus importante IPO de l'année (1,1 milliard de dollars) le mois dernier. Les prévisions pour la fin de l'année sont loin d'être pessimistes : 204 introductions en bourse pour un total de 38 milliards d'euros seraient attendues en Europe, 61,7 milliards de dollars d'opérations devraient voir le jour en Asie. Quant aux IPO américaines, elles atteindraient 23,4 milliards de dollars d'ici la fin du troisième trimestre.

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