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Vagues autour de "l'affaire Tapie"

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Publié le 21 juillet 2008 à 01:20 - Mis à jour le 24 octobre 2008 à 18:12

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Les 285 millions d'euros d'indemnisation accordés à l'homme d'affaires et ancien ministre Bernard Tapie dans le cadre de l'affaire Crédit Lyonnais-Adidas, font des vagues dans la classe politique. Une commission d'enquête parlementaire autour du Consortium de réalisation (CDR) chargé du passif du Lyonnais devrait être créée.

C'est l'indignation autour de Bernard Tapie. Ou plus exactement autour de l'indemnisation record de 285 millions d'euros qui lui a été accordée dans le cadre de l'affaire Crédit Lyonnais-Adidas. Après treize ans de procédures, un tribunal arbitral chargé de régler le litige opposant Bernard Tapie au Consortium de réalisation (CDR, qui gère le passif du Crédit Lyonnais) a condamné ce dernier à verser à l'ancien homme d'affaires ces 285 millions d'euros au titre du "manque à gagner" et du "préjudice moral" dans la vente d'Adidas par une filiale de la banque, en 1993.

Après treize ans de procédures, un tribunal arbitral chargé de régler le litige opposant Bernard Tapie au Consortium de réalisation (CDR, qui gère le passif du Crédit Lyonnais) a condamné ce dernier à verser à l'ancien homme d'affaires 285 millions d'euros au titre du "manque à gagner" et du "préjudice moral" dans la vente d'Adidas par une filiale de la banque, en 1993.

François Bayrou, le président du MoDem, a aussitôt fait part de son indignation, dénonçant "les protections au plus haut niveau" dont aurait bénéficié l'éphémère ministre de François Mitterrand. Il vise aussi directement le chef de l'Etat: "chaque fois que Nicolas Sarkozy a été soit au ministère des Finances, soit à la présidence de la République, comme par hasard des protections se sont déclenchées à l'endroit de Bernard Tapie". Les 285 millions d'euros à la charge du "contribuable français" représentent, selon lui, "la totalité de tous les salaires annuels des 15.000 postes d'enseignants qui vont être supprimés l'an prochain", dans le budget.

Il a réclamé la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire, une demande relayée vendredi par les députés PS. Dès jeudi, le président PS de la commission des Finances de l'Assemblée, Didier Migaud, avait annoncé le lancement en septembre d'auditions sur l'affaire, notamment celles d'anciens et d'actuels dirigeants du CDR, pour comprendre notamment pourquoi la justice de la République a été dessaisie au profit d'un tribunal arbitral.

Au vu du résultat de ces auditions, le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault, pourrait formellement déposer une demande de création d'enquête parlementaire, qui devra encore être approuvée à la majorité en séance publique à l'Assemblée. Ce vote ne pourra de toute façon pas intervenir avant le début de la prochaine session ordinaire, à l'automne. Il faudra "aller jusqu'au bout de la vérité" sur les "conditions un peu obscures" de l'affaire Tapie, a prévenu Jean-Marc Ayrault sur France Info. "On a l'impression que, derrière, l'Etat est à la manoeuvre et on sait très bien que sur un dossier important, compte tenu de l'histoire du Crédit Lyonnais, c'est le contribuable qui va payer", a déploré le député-maire de Nantes.

"Excellente nouvelle", a réagi vendredi Bernard Tapie sur l'éventualité d'une telle commission d'enquête parlementaire. Se défendant d'une quelconque intervention du chef de l'Etat - pour lequel il a "de l'admiration" - il a déclaré : "je voudrais que cesse cette campagne. Qu'on arrête d'essayer de politiser cette décision qui n'a aucune raison de l'être. M. Sarkozy n'(y) est pour rien, ni de près ni de loin".

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