Rome annnonce une reprise de la construction de centrales nucléaires

C'était une promesse de Silvio Berlusconi. Dans un contexte de pétrole et de gaz chers, Rome veut réduire sa dépendance vis-à-vis de l'étranger.

Le nouveau gouvernement Berlusconi n'aura pas traîné. Il a annoncé ce jeudi qu'il voulait renouer avec le nucléaire, vingt ans après que Rome y a renoncé par un référendum populaire en 1987. "Lors de cette législature, nous poserons la première pierre pour la construction, dans notre pays, d'un groupe de centrales nucléaires de nouvelle génération", a déclaré le nouveau ministre du Développement économique, Claudio Scajola, devant l'organisation du patronat italien, la Confindustria.

"On ne peut plus éviter un plan d'action pour un retour au nucléaire", a déclaré le ministre, rappelant qu'il s'agissait d'une promesse de campagne de Silvio Berlusconi. "Il n'y a que les centrales nucléaires qui puissent produire de l'énergie à grande échelle et de manière sûre, à des coûts compétitifs et dans le respect de l'environnement".

L'Italie souffre d'une double dépendance, envers l'étranger et envers le gaz et le pétrole, qui frappe de plein fouet sa compétitivité et la met à la merci de ruptures d'approvisionnements. Pendant l'hiver 2006, le gouvernement italien avait dû prendre des mesures d'économies et piocher dans ses réserves stratégiques de gaz en raison de ruptures des livraisons de gaz russe.

L'Italie dépend à 87% de l'étranger pour sa consommation d'énergie. Le pétrole est le principal combustible utilisé (43%) devant le gaz (36%). Pour ses besoins en gaz, elle dépend à 67% de la Russie et de l'Algérie. En outre, elle est tributaire à 60% du gaz pour produire son électricité, selon Enel, numéro un italien de l'électricité.

L'annonce de Claudio Scajola a été saluée par Enel, dont l'Etat est actionnaire à 30%, et par le numéro deux du secteur en Italie, Edison, contrôlé par le numéro un mondial du nucléaire EDF. Enel a récemment retrouvé des compétences dans le nucléaire en rachetant le numéro un slovaque de l'électricité Slovenske Elektrarne. Les patrons de deux groupes se sont immédiatement dits prêts à travailler avec le gouvernement pour relever ce défi.

Mais cela devrait prendre du temps. "Entre la création d'un organisme gérant le nucléaire, l'autorisation pour implanter un site et enfin la construction d'une première centrale nucléaire, cette dernière pourra difficilement entrer en fonction avant 2020", a récemment estimé le patron d'Edison, Umberto Quadrino, tandis que son homologue d'Enel évoque un délai de sept à dix ans.

Ce retour au nucléaire n'est pas unique dans le monde occidental. Après la Finlande il y a quelques années, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont annoncé récemment de nouveaux programmes de construction de centrales, dans un contexte de renchérissemment du pétrole.

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