Xavier Darcos trouve le système éducatif peu efficace et coûteux

Le ministre de l'Education a répondu aux questions sur le mouvement de protestation lycéen et aux réductions de postes.

Xavier Darcos, ministre de l'Éducation nationale, était dimanche soir l'invité du rendez-vous politique de BFM-TV. Il s'est longuement expliqué sur les mouvements des jeunes lycéens, les restrictions de postes dans l'enseignement et la réforme des programmes dans le primaire qui s'appliquera dès la rentrée de septembre.

- Les suppressions de postes à l'Éducation nationale.

Sur ces questions budgétaires, il est difficile de faire entendre des propos clairs. Il s'agit de ne pas renouveler 11.200 emplois dans un ministère qui en comporte plus de 1 million. 8.500 concernent les enseignants, 5.000 seront des heures supplémentaires. Il s'agit donc de la suppression de 3.500 postes. Nous ne changeons pas la donne tout simplement parce que la démographie change. Je persiste à penser qu'il n'est pas vrai de dire que le lycée changera de qualité au motif que, avec 200.000 élèves de moins, il y aura 3.500 professeurs de moins à la rentrée prochaine. L'offre éducative ne sera pas changée. Il y a de la désinformation. J'ai entendu beaucoup de choses fausses. Aucune classe n'a un effectif supérieur à 40 élèves. À la rentrée prochaine, nous aurons en moyenne 28 élèves par classe en lycée dans les filières générales et techniques. Sur la question des postes, il ne faut pas reculer, mais ouvrir des discussions sur le fond.

- Les mouvements lycéens.

Je suis un vieux de la vieille et je sais que ces mouvements sont toujours difficiles à contrôler. Je ne joue aucun pourrissement. En recevant mercredi les représentants de la Fidel, certains ont cessé de parler des postes, d'emplois et des budgets et ont abordé les questions de fond. Certains ont dit que le lycée est le même que celui sous Napoléon, qu'il faut qu'il bouge. Nous n'avons pas seulement abordé les opérations comptables.

- La réforme du lycée.

Nous venons de terminer la réforme de l'école primaire. Il est impératif aujourd'hui de repenser le lycée. Il faut se demander pourquoi le lycée marche mal alors qu'un lycéen français coûte 22 % de plus que la moyenne européenne, pourquoi les élèves ne sont pas contents, pourquoi un élève de terminale a tellement de difficultés lorsqu'il entre à l'université. Il y a trois grandes filières, Litteraire, Scientifique et Economiques et sociales. Nous voudrions que ces filières soient plus équilibrées.

- Le coût du système éducatif.

Il faut prendre conscience que notre système est coûteux et pas très efficace. Est-il normal que nous dépensions plus que nos voisins pour des résultats moindres ? Nous nous sommes engagés à ramener l'équilibre budgétaire en 2012. Dans l'équilibre budgétaire, il y a les emplois publics. Je mets aussi dans le cartable des élèves la dette. Il ne faut pas continuer à développer l'emploi public. Notre système a besoin de se moderniser.

- Le cafouillage sur la carte famille nombreuse

La suppression de la carte famille nombreuse aurait entraîné une économie de peu de poids - 70 millions d'euros - alors qu'elle aurait eu un effet très négatif. La politique a repris le dessus. La décision prise par le premier ministre est la bonne. C'est une petite affaire. La carte familiale est inscrite dans l'histoire de la nation, il faut qu'elle reste inscrite.

- L'affaire Koscuisko-Morizet

Dans un gouvernement il faut un peu de solidarité et de cohérence. Le Premier ministre a eu raison de remettre de l'ordre dans tout cela. Les hommes politiques sont des hommes et des femmes comme tout le monde. Nathalie Koscuisko-Morizet est une personnalité très forte, très engagée dans le mouvement écologique. Que dirait-on si nous étions tous godillots, ? Je trouve plutôt sympathique qu'au sein du gouvernement, les gens s'expriment à leur manière, à condition que la cohérence gouvernementale ne soit pas remise en cause.

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