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L'euro fort rend-il les banques européennes plus attractives ?

La Tribune

Publié le 21 mars 2008 à 03:20 - Mis à jour le 24 octobre 2008 à 18:59

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Les établissements anglo-saxons sont réputés pour bien payer, notamment en matière de bonus. Avec l'euro atteignant des sommets, la donne aurait-elle changé ?

Afin de limiter l'impact sur les revenus de leurs employés et pour rester compétitives par rapport à leurs concurrentes européennes, certaines banques américaines à Paris auraient récemment bloqué artificiellement le taux de change à 1,25 - 1,30 $ pour 1 € alors que les dernières cotations le placent à plus de 1,55.

À Dubaï, les établissements, qui payent tous en dollars, ont également pris les devants. "J'ai récemment signé un contrat où le candidat a négocié avec succès une augmentation du salaire de 3 % sur la seule base de la faiblesse du dollar", témoigne Russell Adam, directeur du bureau d'Akamai Financial Markets Executive Search à Dubaï. Certains professionnels avec un niveau certain de séniorité parviennent même à se faire payer en euros ou en livres sterling. Mais cela est loin d'être la règle.

Transfert du patrimoine : un frein au retour pour les expatriés.

New York ou encore Londres sont-elles des places financières moins attrayantes pour autant ? "Les Français expatriés outre-Manche et outre-Atlantique nous reviennent, mais c'est surtout en raison de la crise financière, des plans de licenciement et des bonus en berne", observe Jérôme Hacquard, associé en charge du département private equity, financements structurés & corporate finance du cabinet de chasse spécialisé Singer & Hamilton.

Cependant, les banques françaises ne semblent pas avoir ajouté l'euro fort dans leur argumentaire pour reconquérir le coeur des expatriés. Pour Jean-Ghislain de Sayve, directeur de Hays Banque à Paris, "la différence de salaires entre Paris et Londres, par exemple, est telle que des fluctuations de 20 % dans la valeur de l'euro n'ont pas beaucoup d'importance pour les candidats".

L'argument salarial n'a pas échappé à Geoffrey, analyste chez Merrill Lynch à Londres. "Mon fixe comme mon bonus seraient divisés par deux si je devais retourner à Paris, sans oublier qu'ici les perspectives de carrière sont beaucoup plus intéressantes", assure-t-il. En outre, pour les expats, l'euro fort, qui représente un coût nouveau pour les transferts d'argent vers la France, apparaît aujourd'hui comme un frein au retour lorsque ceux-ci ont constitué un patrimoine à l'étranger.

La Tribune

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