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L'UE donne son feu vert sur le rachat d'US Steel par Nippon Steel mais pas Joe Biden

latribune.fr

Publié le 06 mai 2024 à 13:27 - Mis à jour le 06 mai 2024 à 13:27

Bruxelles a autorisé lundi l'acquisition du sidérurgiste américain US Steel par son concurrent japonais Nippon Steel.

Bruxelles a autorisé lundi l'acquisition du sidérurgiste américain US Steel par son concurrent japonais Nippon Steel.

© Issei Kato / Reuters

Le Quotidien Numérique

04 juillet 2026

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Bruxelles autorise le sidérurgiste américain à se faire racheter par son concurrent japonais, car cette opération « ne soulève pas de problèmes de concurrence » selon la Commission. Mais cette opération n'est pas encore prête de voir le jour alors que le président américain s'y oppose fermement. Et son concurrent dans la course à la Maison Blanche, Donald Trump, est, pour une fois, du même avis...

C'est déjà une première levée de barrières, mais qui ne sera sans doute pas suffisante. Bruxelles a autorisé ce lundi l'acquisition du sidérurgiste américain US Steel par son concurrent japonais Nippon Steel, un projet menacé par le rejet du président américain Joe Biden. La Commission européenne estime que l'opération « ne soulève pas de problèmes de concurrence » dans l'UE, compte tenu des « positions limitées des entreprises » sur ce marché.

Si l'UE a son mot à dire, c'est parce que US Steel est un employeur important sur le Vieux continent, à l'image de la Slovaquie où il emploie 8.000 personnes, comme le rapporte RFI.

Plus important groupe sidérurgique japonais, Nippon Steel a annoncé en décembre vouloir racheter US Steel. Dans le détail, le géant japonais compte débourser 55 dollars par action, soit 14,9 milliards de dollars au total (dette incluse). La finalisation était attendue, au plus tard, au troisième trimestre 2024.

L'attrait d'US Steel découle en particulier du fait qu'il a achevé en 2023 un coûteux plan d'investissement comprenant l'installation de fours à arc électrique au lieu de hauts-fourneaux au charbon, pour réduire son empreinte carbone. L'opération a même été approuvée par les deux conseils d'administration mais elle a suscité aux Etats-Unis des inquiétudes concernant la sécurité nationale.

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US Steel : les actionnaires se moquent des inquiétudes de Joe Biden pour la sécurité nationale et votent pour le rachat par Nippon Steel

Blocage du président américain

Ce rachat n'est donc pas encore prêt de voir le jour. Le président Joe Biden, en campagne pour un second mandat, s'y oppose au nom de la défense des « travailleurs » américains.

«U.S.Steelest une entreprise emblématique depuis plus d'un siècle, et il est vital qu'elle reste une société américaine», avait affirmé le démocrate de 81 ans le 15 mars.

« Il est important que nous maintenions des entreprises sidérurgiques américaines solides, opérées par des travailleurs américains », avait-t-il ajouté. Joe Biden, qui se présente en défenseur de l'industrie américaine, s'était déjà inquiété pour la « sécurité nationale » et la « fiabilité » de l'approvisionnement en acier à l'annonce de l'opération en décembre. Son rival, le républicain Donald Trump a également promis qu'il bloquerait ce rachat s'il retournait à la Maison Blanche.

L'inquiétude est particulièrement forte en Pennsylvanie (nord-est), Etat dans lequel se trouve le siège d'US Steel, d'autant que les protestations syndicales et politiques se sont multipliées. Mais cet Etat est surtout décisif pour l'élection présidentielle en novembre. Biden et Trump « cherchent le soutien des syndicats puissants qui pourraient faire la différence dans les cruciaux 'swing states' », pouvant faire basculer le scrutin dans l'un ou l'autre camp, relève Thibault Denamiel, du Centre des études internationales et stratégiques (CSIS).

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En pleine campagne présidentielle, Biden s'oppose au rachat de US Steel par Nippon Steel pour des questions de sécurité nationale

Une position qui pourrait froisser le Japon

Une position de Joe Biden, susceptible en plus de froisser Tokyo. « Le Japon et les Etats-Unis vont continuer à coopérer (...) pour une croissance économique durable dans la région Indo-Pacifique, le maintien et le renforcement d'une économie libre et ouverte fondée sur des règles », a réagi courant mars le porte-parole du gouvernement nippon Yoshimasa Hayashi. S'il a refusé de commenter directement les déclarations de Biden sur le projet Nippon Steel/U.S. Steel, Hayashi semble néanmoins avoir formulé une critique voilée du protectionnisme américain.

Par ailleurs, lors de la visite d'Etat à Washington du Premier ministre japonais Fumio Kishida, mi-avril, les deux responsables ont été interrogés par la presse sur ce sujet sensible. Biden s'est alors contenté de renouveler son soutien aux « travailleurs » américains, tandis que Kishida a dit espérer une issue « positive » pour les deux parties sur ce dossier.

Les deux groupes ont tenté de rassurer

Les deux groupes ont pourtant tenté de rassurer. Ils ont réagi dans un communiqué commun, affirmant avoir « confiance dans le fait que (leur) partenariat (serait) un succès » pour l'emploi et la chaîne d'approvisionnement aux Etats-Unis, « tout en renforçant la compétitivité de l'économie américaine et en forgeant une résistance contre les menaces de la Chine ».

Dans un communiqué séparé publié mi-mars, Nippon Steel s'est même dit « déterminé » à réaliser cette acquisition. Il a promis de ne pas supprimer d'emplois, de ne pas fermer de sites de U.S. Steel avant septembre 2026 « sous certaines conditions », et d'investir 1,4 milliard de dollars supplémentaires dans le sidérurgiste américain en cas de finalisation de la transaction.

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Face à ces craintes, Nippon Steel a déclaré mi-avril que son projet d'acquisition d'US Steel faisait l'objet d'un examen des autorités américaines de la concurrence. Le projet d'acquisition, pour 14 milliards de dollars, de US Steel, « est soumis à certaines approbations réglementaires, telles que celles concernant le contrôle des fusions et les investissements étrangers dans les pays concernés », a indiqué Nippon Steel, dans une brève déclaration transmise à l'AFP. Mais Nippon Steel s'est refusé à tout commentaire sur le détail de cette procédure.

(Avec AFP)

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