Echec de justesse du putsch chez TUI

L'assemblée générale des actionnaires du géant allemand du tourisme a été agitée comme prévu. La destitution du président du conseil de surveillance a été évitée de justesse.

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On s'attendait à une assemblée générale mouvementée pour le géant allemand du tourisme TUI. Les actionnaires ont été servis, même si les débats sont restés dans l'ensemble plutôt objectifs. C'est en troisième position que Tor Olav Troim, le bras droit du premier actionnaire, le norvégien John Fredriksen, a pris la parole pour expliquer pourquoi il voulait évincer le président du conseil de surveillance, Jürgen Krumnow.

Très longuement applaudi, il a demandé un nouveau départ pour le groupe, indispensable après les atermoiements des derniers mois et une évolution du cours en bourse peu satisfaisante sur longue période. "Il est temps pour des changements" a-t-il terminé son long discours, lui dont le groupe a investi 1 milliards de dollars pour s'adjuger 12% du capital.

C'est essentiellement la gouvernance de TUI qu'il a critiqué et le management déficient.

Faisant preuve de compromis, il a cependant renoncé à exiger un deuxième siège au conseil de surveillance. En fin d'après-midi, il a repris la parole pour demander formellement un siège au conseil pour John Fredriksen.

Celui-ci était absent pour "raison de santé mineure". Le discours de son manager n'a pas réussi toutefois à convaincre la majorité des institutionnels allemands des raisons réelles de son engagement dans le groupe allemand. Malgré un fort quorum de 71,49%, les experts sont persuadés que sa résolution ne passera pas.

Si certains fonds comme Union Investment, filiale des banques allemandes mutualistes, ou le britannique Hermes ont indiqué vouloir voter pour sa résolution, les autres ont été plus sceptiques. S'ils ont critiqué la stratégie indécise du président de TUI, Michael Frenzel, ils craignent visiblement les ambitions du milliardaire norvégien au passé un peu trouble d'après certains.

Le patron de TUI de son côté, visiblement fatigué par les heures de discussion des dernières semaines pour convaincre les investisseurs institutionnels de suivre sa stratégie, a tenté de convaincre des raisons pour lesquelles il avait décidé finalement de mettre rapidement en vente Hapag Lloyd plutôt que de favoriser une scission.

Celle-ci n'aurait pas fait rentrer d'argent dans les caisses. TUI pourtant a besoin de réduire son endettement et d'argent frais pour développer ses projets dans le tourisme. Il veut notamment remonter dans le capital de TUI Travel dont il ne détient plus que 40% du capital, mais 51% des droits de vote.

Finalement, la tentative de putsch a échoué. Mais de justesse. La motion visant à destituer le président du conseil de surveillance a tout de même obtenu 42% des voix. Un scrutin "serré" de l'aveu même du principal intéressé Jürgen Krumnow, très tendu après ce partiel désaveu. Du coup, John Fredriksen ne fera pas son entrée au conseil de surveillance.

Le patron opérationnel du groupe, aux commandes depuis 14 ans, Michael Frenzel s'est tout de même vu refuser la confinance par 30% des actionnaires, un score très élevé outre-Rhin. La direction sort donc affaiblie de ce bras de fer. Mais elle a pour l'instant sauvé sa place.

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