Bush ne croit pas à une récession de l'économie américaine en 2008

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Le président des Etats-Unis a profité de son ultime discours sur l'état de l'Union pour presser le Congrès de voter le plan de relance de 150 milliards de dollars conclu la semaine dernière. Il a tenté, autant que faire se peut, de rassurer ses compatriotes sur les perspectives économiques des Etats-Unis.

"Sur le long terme, les Américains peuvent avoir confiance en notre croissance économique. Mais sur le court terme, nous pouvons tous constater que la croissance ralentit". Pour son septième et ultime discours sur l'état de l'Union, George W. Bush a tenté, autant que faire se peut, de rassurer ses compatriotes sur les perspectives économiques des Etats-Unis.

Afin d'empêcher que la première économie mondiale n'entre en récession, l'hôte de la Maison-Blanche a engagé le Congrès à voter au plus vite le plan de relance qui a fait l'objet d'un "accord de principe" la semaine dernière entre élus démocrates et républicains de la Chambre des représentants. D'un montant de 150 milliards de dollars - soit 1% du produit intérieur brut des Etats-Unis - ce plan prévoit notamment des remises d'impôts pour les ménages américains et la défiscalisation de certains investissements pour les PME. Selon le Wall Street Journal, la Chambre des représentants devrait se prononcer dès ce mardi sur ce plan.

"En cette année électorale, républicains et démocrates doivent montrer à leurs compatriotes que tout en se disputant des voix, ils peuvent dans le même temps résoudre des problèmes", a déclaré George W. Bush. Mais s'il a engagé les démocrates à faire preuve de consensus avec son administration, le président s'est refusé à tout compromis. Il a campé sur ses positions traditionnelles, demandant au Congrès de maintenir les baisses d'impôts votées depuis 2001 et de valider les traités de libre-échange conclus avec le Panama, la Colombie et la Corée du Sud - tout en affirmant que le cycle de Doha de l'Organisation mondiale du commerce pouvait être conclu cette année. Il a aussi encouragé les parlementaires à réformer les programmes de santé Medicaid et Medicare.

Bien qu'il ait annoncé le retour prochain "de plus 20.000 soldats", George W. Bush s'est par ailleurs opposé à un retour précipité de l'armée américaine d'Irak. Hier, le Pentagone a prévenu que l'administration Bush demanderait au Congrès une rallonge de 70 milliards de dollars pour financer les interventions en Irak et en Afghanistan pendant les premiers mois de l'exercice fiscal 2009 qui démarrera le 1er octobre prochain.

Le président, qui a échoué à imposer les grandes réformes promises au cours des ses deux mandats (système public des retraites, immigration...), espère malgré tout quitter la Maison Blanche la tête haute en janvier 2009. Hier, les candidats à la présidentielle de novembre ne l'ont pas ménagé. Le républicain Mitt Romney a jugé "l'état de l'Union instable et fragile". Les problèmes économiques "ne se limitent pas aux seuls portefeuilles en Bourse, les gens s'inquiètent pour leurs revenus et leur emploi", a ajouté l'ancien gouverneur du Massachusetts. Désormais favori du camp républicain, John McCain, a pour sa part déploré que George W. Bush ait mené une politique dispendieuse qui a creusé le déficit budgétaire.

Barack Obama, qui a remporté samedi la primaire démocrate de Caroline du Sud, s'est dit "frappé par l'absence d'urgence" dans le discours présidentiel. "Les américains attendent quelque chose de plus robuste qu'une extension de baisses d'impôts", profitant aux ménages les plus aisés pour relancer l'économie, a souligné le sénateur de l'Illinois, proposant pour sa part un élargissement de l'aide fédérale aux chômeurs.

Enfin, Hillary Clinton a quant à elle déploré que le président ait renouvelé "un engagement frustrant vis-à-vis des mêmes politiques ratées qui ont transformé des excédents (budgétaires) records en de larges déficits et poussé une économie prospère au bord de la récession".

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