Livret A, LDDS, LEP… Les gagnants et les perdants des nouveaux taux d’épargne réglementée

Le Livret A s'apprête à connaître une division par deux de son taux en seulement un an, passant de 3 % en janvier 2025.
CP/ - Reuters - Charles Platiau

Le Livret A s'apprête à connaître une division par deux de son taux en seulement un an, passant de 3 % en janvier 2025.
CP/ - Reuters - Charles Platiau
Au 1ᵉʳ février 2026, la rémunération des livrets réglementés va subir un nouveau coup de rabot. Le taux du Livret A et du LDDS vont baisser à 1,50 % (contre 1,70 % depuis août 2025) et celui du LEP à 2,50 % (contre 2,70 %). Cette baisse, qui porte la division du taux par deux en un an, est la conséquence directe d’une inflation tombée à 0,8 % en décembre, en rythme annuel, et d’un repli des taux interbancaires à 1,94 %.
En raison de la règle du calcul des intérêts par quinzaine, tout versement effectué après ce jeudi 15 janvier ne commencera à produire des intérêts qu’au 1ᵉʳ février, soit au moment précis où les taux basculeront à la baisse.
À l’inverse, l’argent crédité sur un compte d’ici ce soir commencera à travailler dès le 16 janvier. Ce « sprint » final permet de verrouiller quinze jours de rémunération au taux fort. Pour un Livret A au plafond (22 950 euros), une quinzaine rapporte 16,26 euros au taux actuel, contre 14,34 euros après la réforme de février. Pour le LEP, c'est 11,25 euros contre 10,42 euros ensuite.
Dans cette nouvelle hiérarchie, le Livret d’épargne populaire (LEP) conserve son statut de grand gagnant pour les ménages modestes. Si la formule de calcul théorique l’entraîne vers 1,90 %, un coup de pouce politique va maintenir son taux à 2,50 % afin de préserver un écart d’un point avec le Livret A. Avec une inflation sous la barre des 1 %, le rendement réel du LEP devient exceptionnellement attractif, bien que le produit reste sous-utilisé avec seulement 12 millions de titulaires pour 31 millions d’éligibles.
L’autre secteur bénéficiaire de ce mouvement est l’assurance-vie. Avec une collecte nette proche de 50 milliards d’euros sur les onze premiers mois de 2025, elle profite du rebond des fonds en euros. Ces derniers affichent des rendements moyens de 2,5 % à 2,6 %, certains contrats grimpant même jusqu’à 3,5 %. Ce différentiel pousse les épargnants à délaisser le Livret A, qui a enregistré une décollecte de 3,6 milliards d’euros sur la même période.
Chaque semaine, les clés pour comprendre les marchés financiers.

Le Livret A et le LDDS sont les principaux perdants de cet arbitrage monétaire. Leur taux nominal fond, mais la réalité économique offre un paradoxe : le rendement réel redevient légèrement positif. Entre 2021 et 2023, avec un taux à 3 % face à une inflation à 8 %, le capital perdait du pouvoir d’achat. En 2026, on gagne peu, mais l’épargne ne « fond » plus.
Toutefois, pour les épargnants disposant de liquidités excédentaires, le maintien de sommes importantes sur ces livrets au-delà du matelas de précaution (3 à 4 mois de revenus) constitue une erreur stratégique. La liquidité totale et l’absence de fiscalité ne compensent plus la faiblesse du rendement face aux meilleures offres du marché.
Dans cette configuration, le Livret A est généralement cantonné par les épargnants à sa fonction originelle : un réservoir de sécurité pour les imprévus, limité à quelques mois de salaire. Pour le reste du patrimoine, les conseillers financiers prônent la diversification, selon le profil de risque. Les épargnants prudents peuvent transférer leurs liquidités excédentaires vers les fonds en euros de l’assurance-vie pour capter un rendement supérieur à 2,5 %, tout en conservant une garantie en capital.
Pour ceux qui visent des performances décorrélées de l’inflation, le recours aux unités de compte au sein de l’assurance-vie ou au Plan d’épargne en actions (PEA) offre des rendements supérieurs sur le long terme mais au prix d’une part de volatilité et de risques. Enfin, dans une logique de préparation de la retraite, le Plan d’épargne retraite (PER), dont l’intérêt ne réside pas dans le rendement de base, conserve un levier fiscal puissant grâce à la déduction des versements à l’entrée.
Tarifs bancaires : la facture s'alourdit de 3 % en 2026 malgré la chute de l'inflation
Au 1er février 2026, selon les calculs de l'association de consommateurs CLCV, les frais bancaires augmenteront en moyenne de 3 %, alors que la hausse des prix à la consommation s’est limitée à 0,8 % en décembre selon l'Insee.
Les frais de tenue de compte subissent la plus forte poussée : +6 % pour atteindre 24,64 euros par an, après une envolée de 8 % l'an passé. Les cartes bancaires augmentent de plus de 2 %, quel que soit le modèle. Parallèlement, les retraits aux distributeurs hors réseau deviennent plus chers, restreignant l'accès aux espèces. Les clients en incident de paiement sont aussi ciblés par la hausse du coût des lettres d’information pour compte débiteur.
La facture annuelle grimpe à 71,71 euros (+2,98 %) pour les petits consommateurs et atteint 221,16 euros (+3,04 %) pour les profils haut de gamme.