Michaël Burry, rendu célèbre par le film The Big Short , ferme son fonds Scion AM. Il a multiplié les alertes ces dernières semaines sur le risque d’une bulle spéculative autour des valeurs liées à l’IA. Le marché ne lui donne pas raison, pour de bonnes raisons.
Michael Burry, le gérant de fonds spéculatifs rendu célèbre par le film The Big Short pour avoir su jouer, avant tout le monde, la chute du marché immobilier en 2007-2008, ne semble pas en mesure de réitérer son exploit. Dans un document déposé auprès de la SEC, le régulateur de Wall Street, il annonce en effet son intention de clôturer, d’ici à la fin de l’année, son fonds Scion Asset Management (AM).
Sur les réseaux sociaux, le gérant, incarné à l’écran par Christian Bale, a reconnu que son « estimation de la valeur des titres n’est pas, et n’a pas été depuis un certain temps, en phase avec les marchés ». La nouvelle pourrait apparaître anecdotique alors même que Scion n’affiche que 154 millions de dollars d’encours à la fin mars. Un portefeuille composé pour l’essentiel de positions acheteuses sur des valeurs chinoises ou de la santé.
Michael Burry s’est beaucoup trompé depuis 2008
Mais Michael Burry s’était récemment rappelé aux bons souvenirs des marchés en alertant sur les risques d’éclatement d’une bulle financière sur les valeurs technologiques liées à l’intelligence artificielle, alimentant les craintes sur le modèle économique de ces nouveaux poids lourds de la technologie, notamment le caractère circulaire des investissements, et les signes d’un recours de plus en plus important à l’endettement.
Encore tout récemment, il avait estimé que Meta et Oracle étaient largement « surévalués » en raison, selon lui, d’une sous-estimation massive des amortissements, ce qui augmente mécaniquement les profits : « une escroquerie des temps modernes », selon lui. Il est vrai que le cycle de vie d’une puce Nvidia n’est que de 2 à 3 ans ce qui, au passage, conforte le modèle du champion incontesté des processeurs pour l’IA.
Du coup, le gérant avait marginalement « shorté » (vendu à découvert) Nvidia et Palantir, ce qui ne s’est pas avéré être un choix très judicieux. « La stratégie gagnante est parfois de ne pas jouer », avait pourtant lancé, fin octobre, sur son compte X le gérant, comme si les dés étaient de toute façon pipés d’avance.
Newsletter
Finances
Chaque semaine, les clés pour comprendre les marchés financiers.