Alain Bokobza (Société Générale) : « Sur les marchés, c'est la fin de l’exceptionnalisme américain »
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En charge la stratégie d'allocation à la Société Générale, Alain Bokobza est confiant sur l'Europe.
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Les marchés sont rassurants dans un monde qui ne l’est pas. Alain Bokobza, responsable de la stratégie d’allocation d’actifs globale, et membre du comité exécutif de la recherche économique de Société Générale, explique à La Tribune ce paradoxe, notamment par la convergence des politiques fiscales et monétaires expansionnistes dans le monde. Il réfute même l’imminence d’une bulle financière liée à l’IA et pointe la contre-performance historique des actions américaines par rapport aux actions européennes, malgré les apparences et les records indiciels.
La Tribune. Le monde connaît une succession de chocs géopolitiques et pourtant les marchés sont étonnamment résilients et certains indices boursiers au plus haut. Comment expliquez-vous cet optimisme ?
Alain Bokobza. La réalité est qu’aucun pays n’est en récession et que partout dans le monde les politiques fiscales et monétaires sont expansionnistes. Tous les pays finalement, y compris la Chine, adoptent peu ou prou les mêmes recettes. Dans ce contexte, pourquoi se priver d’acheter des actifs risqués sinon de rater un cycle haussier qui se poursuit ? C’est d’autant plus vrai que la Réserve fédérale a officialisé en septembre son pivot vers un assouplissement monétaire. C’est le coup de pouce qui manquait pour conforter les marchés actions. Et cette trajectoire ne devrait pas être remise en question car l’économie américaine est bien dans une phase de ralentissement pour tendre l’an prochain vers les 1,5%/1,8%, en dessous des dernières années supérieures à 2%.
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Parallèlement, la croissance européenne devrait en revanche accélérer à partir de 2026 avec le déploiement des mesures budgétaires en Allemagne, mais aussi au Benelux, dans les pays scandinaves et dans les pays baltes. Tous ces pays ont adopté des programmes d’investissement massif dans l’énergie, les infrastructures, la défense. Nous sommes dans une « boucle d’or » sur les marchés, ni trop chaud, ni trop froid, mais une convergence des cycles économiques.