Dette française : l’agence Moody’s balance entre perspective négative et dégradation de note
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L'agence Moody's doit se prononcer vendredi sur la note de la France
Reuters
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L'agence Moody's doit se prononcer vendredi sur la note de la France
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L’abaissement précipité de la note de crédit de la France vendredi soir, de AA- à A+, par l’agence de notation S&P a été absorbé par le marché sans fracas. La prime de risque, mesurée par le spread (écart de taux) entre l’obligation française à dix ans et l’obligation allemande de même maturité, semble se stabiliser autour de 80 points de base. Cela met toutefois fin à la décrue observée depuis le 6 octobre dernier. Pas de panique donc, mais pas non plus de répit.
Après avoir maintenu la note AA- depuis mai 2024, puis attribué une perspective négative en février dernier, une dégradation de la note par S&P était possible lors de sa dernière revue de l’année, le 28 novembre, selon le calendrier initialement prévu, imposé par la réglementation européenne.
L’agence de notation a la possibilité de s’écarter de ce calendrier, pour des raisons qui doivent être motivées de façon détaillée. En l’occurrence, les raisons avancées par l’agence dans son communiqué concernent la série de votes de défiance au Parlement mais aussi la décision de suspendre la réforme des retraites. En avril dernier, l’agence avait déjà émis des doutes sur la crédibilité du plan du gouvernement pour restaurer les finances publiques, avec en ligne de mire la réforme des retraites.
Pour les analystes de Société Générale CIB, Moody’s devrait toutefois s’abstenir de procéder à une dégradation de note de la France (Aa3) mais changer sa perspective de stable à négative, selon une note publiée le 10 octobre dernier. Avant donc la décision de S&P Global.
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Pour l’économiste Eric Dor, il serait en revanche « logique » que l’agence Moody’s dégrade à son tour la note de la France, après Fitch et S&P Global, selon ses propres critères devant l’aggravation des déficits et la suspension de la réforme des retraites. Cela « permettrait aussi de restaurer une certaine cohérence entre les notes accordées par l’agence aux différents pays » et une cohérence « avec les taux réclamés par les marchés sur les dettes de la France et d’autres pays moins bien notés », précise le directeur des études économiques à l’IESEG. Pour mémoire, l’agence Moody’s avait déjà dégradé la note de la France d’un cran, de Aa2 à Aa3, en décembre 2024.
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