Placement : les Français délaissent les actions tricolores au profit de l'or et des cryptos

Les Français ont investi davantage dans le bitcoin en 2025.
DR - REUTERS - REUTERS - Dado Ruvic

Les Français ont investi davantage dans le bitcoin en 2025.
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2026 sera une bonne année pour investir. C’est en tout cas ce que pensent les Français selon la dernière étude trimestrielle publiée par eToro. Dans son Retail Investor Beat, le courtier a interrogé 11 000 investisseurs particuliers dans 13 pays, dont 1 000 Français, sur leurs intentions d’investissement au quatrième trimestre 2025.
Et le sondage révèle que 29 % des investisseurs particuliers français prévoient d'augmenter leur contribution à leurs portefeuilles d'investissement au cours des trois prochains mois. C’est une hausse de 16 % par rapport au quatrième trimestre 2024.
Et cette soif d’investissements s’est déjà fait sentir fin 2025. Selon l’étude, le nombre d'investisseurs particuliers détenant des liquidités a diminué. Ils continuent d'élargir leurs portefeuilles à travers différentes classes d'actifs. Ils sont passés d’une augmentation de 4 % de détention de crypto entre le quatrième trimestre 2023 et 2024 à une augmentation de 21 % entre fin 2024 et fin 2025.
Une dynamique encore plus marquée sur les obligations étrangères (de -11 % en 2024 à + 31 % en 2025) et les matières premières (passées de -14 % à + 22 %). « L’appétit pour ces actifs vient du fait qu’ils ont bien performé l’année dernière », estime l’analyste. Avant d’ajouter : « L'incertitude géopolitique a amené beaucoup d'investisseurs à se replier sur l’or et l’argent en 2025. »
À l’inverse, les boursicoteurs français se sont détournés du marché tricolore. Alors qu’ils avaient augmenté leurs mises de 6 % dans les actions domestiques en 2024, en 2025, ils ont réduit leurs investissements de 5 %. « C’est un peu paradoxal car le CAC 40 enchaîne les records », note encore l’analyste d’eToro. Après avoir grimpé de près de 7 % sur ces six derniers mois, l’indice parisien a atteint un plus haut historique à 8 437,35 points cette semaine.
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Sauf que les Français ont davantage regardé l’état du pays plutôt que les cours de sa Bourse. Et sur ce dernier point, l’étude montre un écart croissant entre la façon dont les investisseurs perçoivent les risques liés à l'économie mondiale par rapport à l'économie française. Alors que 17 % des interrogés s’inquiétaient d’une éventuelle récession en France fin 2024, ce chiffre est monté à 19 % fin 2025. « Il est vrai que notre croissance reste faible par rapport à d’autres pays comme les États-Unis », admet Antoine Fraysse-Soulier même si la France est loin d'être en récession (0,9 % de croissance en France en 2025, selon l'Insee).
La fiscalité inquiète également les Français. Alors que 7 % des interrogés craignaient des hausses d’impôts fin 2024, ils étaient 10 % à craindre une augmentation de la pression fiscale au trimestre dernier. « Et ce qui fait peur aux investisseurs, c’est surtout le montant et la soutenabilité de la dette française et aussi des taux d’emprunt », note encore l’analyste d’eToro. Reste à voir si le récent vote du budget 2026 calmera les craintes des investisseurs lors de la publication de la prochaine étude.