Les écologistes sont vent debout contre la décision de la préfecture de Charente-Maritime d’abattre, au nom de la sécurité aérienne, une partie du bois de la Faucherie situé en bout de piste de l’aéroport de La Rochelle. Ils étaient plusieurs centaines dimanche dernier à manifester sur place.Rien ne semble calmer leur colère ! Le maire de La Rochelle, Thibaut Guiraud, a beau avoir annoncé une baisse importante du nombre d’arbres voués à être coupés, 129 au lieu de 600, les opposants au projet étaient encore plusieurs centaines dimanche 7 décembre, à déambuler dans le parc du château de la Faucherie pour défendre les chênes, hêtres, merisiers et autres érables menacés de tronçonnage. La vedette du jour était Thomas Brail. Surnommé « l’Ecureuil », le militant écologiste avait observé une grève de la faim cet été pour protester contre le projet d’autoroute A69 entre Castres et Toulouse.
En Charente-Maritime, cela fait onze ans que la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) réclamait cet abattage d’une partie du bois situé en bout de piste de l’aéroport de La Rochelle-Île de Ré, considérant les cimes des arbres comme des obstacles dangereux pour les avions moyen-courriers. La dérogation grâce à laquelle l’aéroport restait ouvert arrive de toute façon à échéance fin 2025.
Le 6 novembre dernier, la préfecture a donc accordé l’autorisation d’abattre près de 600 arbres (sur 1 500), au nom de la mise en conformité avec une directive européenne. « Tout le monde s’excite après qu’un pilote s’est planté dans un palmier en décollant d’un aéroport en Corse, fulmine Nicolas Gendre, porte-parole du collectif pour la protection du bois de la Faucherie. Les avions décollent et atterrissent à La Rochelle depuis quarante ans et il n’y a jamais eu aucun incident. Les arbres n’ont rien à voir avec ça ! »