Malgré la menace persistante sur la biodiversité, des politiques publiques ciblées ont permis une augmentation spectaculaire des effectifs pour des espèces emblématiques comme le flamant rose. Qu’est-ce qui fait le succès de ces « plans nationaux d’action » et des directives européennes ?La perte de biodiversité n’est pas une fatalité. La tendance peut même s’inverser. C’est le message d’espoir porté par le nouveau rapport de l’antenne française du Fonds mondial de la nature (WWF). Dans un rapport intitulé « La biodiversité en France, entre déclins et espoirs », l’ONG s’est penchée sur le recensement de 248 espèces de vertébrés protégées en métropole.
Un chiffre illustre cet élan positif : les animaux faisant l’objet de politiques actives de protection ont vu leur population augmenter de 120 % depuis 1986. « La nature répond positivement dès qu’on lui en donne les moyens. La conservation n’est pas un pari, c’est une réussite démontrée, une stratégie qui paye », souligne auprès de La Tribune, Fanny Rouxelin, directrice du pôle biodiversité terrestre de l’ONG.
Des espèces emblématiques qui revivent
Elle en veut pour preuve plusieurs exemples cités dans le rapport : la population de flamants roses en Camargue, qui a frôlé l’extinction dans les 1960, a été multipliée par quatre, soit 70 000 flamants roses observés au printemps. Le résultat est aussi concluant pour le pic noir, un oiseau forestier européen, dont l’effectif a pris 124 % depuis 2000.
Idem pour le grand murin, une espèce de chauve-souris originaire d’Europe centrale et du sud, pendant très longtemps menacée par la monoculture d’arbres. La mouette rieuse est aussi citée, avec une population en hausse de 17 % depuis 2000. Gravement menacé, le vautour moine des Cévennes a une « progression régulière » depuis 1996, même s’il n’a pas atteint le niveau qu’il avait dans les années 1950.