Plusieurs centaines d’agriculteurs et de militants ont interdit l’entrée de l’usine BASF de Saint-Aubin-lès-Elbeuf (Seine-Maritime) ce lundi. L’industriel est mis en cause pour ses rejets de PFAS et sa production de pesticides interdits dans l’UE. D’autres sites agrochimiques sont dans le viseur.
Durant toute la matinée de lundi, une dizaine de tracteurs ont bloqué l’entrée du site BASF de Saint-Aubin-lès-Elbeuf (en Seine-Maritime), spécialisé dans la production de pesticides et de fongicides qui a dû se mettre à l’arrêt pour la journée. Vêtus pour la plupart de combinaisons blanches, environ un demi-millier de militants ont campé devant les grilles du site du géant agro-chimique à l’appel de la Confédération Paysanne et de cinq organisations parmi lesquelles les Soulèvements de la Terre et l’association Cancer Colère.
Au micro, les orateurs se sont succédés sous l’œil des policiers qui ont procédé à deux arrestations. « Si nous sommes là, c’est pour rappeler que les paysans et les paysannes sont les premières victimes des pesticides », a tancé Thomas Gibert, porte-parole national du syndicat agricole.
Propriété de BASF depuis 2004, l’établissement (300 salariés) est visé pour sa contribution à la fabrication du Fipronil : un pesticide anciennement détenu par Bayer appartenant à la famille des PFAS. Particularité, cette molécule est proscrite en Europe pour les usages agricoles mais elle continue d’être exportée notamment au Brésil où elle est épandue dans les champs de canne à sucre et de Soja, comme le confirme le groupe sur son site.
« Contraste avec la COP 30 »
« Le Fipronil y provoque des dégâts humains et écologiques massifs », dénoncent les organisations qui étaient présentes devant l’usine pour qui la pratique relève du « colonialisme chimique ». « Cette situation contraste avec les discours tenus lors de la COP 30 où les États prétendent lutter contre le changement climatique tout en favorisant des accords commerciaux comme le Mercosur qui aggraverait encore la diffusion mondiale des pesticides », s’insurgent-elles dans un communiqué.
L’industriel est également incriminé pour ses rejets « massifs et persistants » de TFA (acide trifluroacétique), un « polluant éternel » issu de la synthétisation du Fipronil. Le même communiqué évoque notamment un rejet de « 263 kilos en 3 jours en mai 2024 ».
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