REPORTAGE. Au prix de surfaces réduites de 42 %, d'un plan social massif et d'un accord commercial drastique avec les Grands Chais de France, la cave coopérative de Buzet (Lot-et-Garonne) a réussi à sauver sa peau l'été dernier. Elle veut désormais croire au renouveau, notamment en pariant sur le vin blanc.C’est jour de « transhumance » ce matin de novembre chez Nathalie Roussille, viticultrice à Buzet-sur-Baïse et présidente de la cave des Vignerons de Buzet, en Lot-et-Garonne. Une centaine de brebis et leurs petits sont déplacés dans les vignes. Une manière d’entretenir les parcelles et d’amender le sol en fumier. « À la repousse des feuilles, on les retire », sourit la viticultrice.
Son exploitation, Les Terrasses de Michelet, vend des agneaux depuis cinq ou six ans. Une diversification bienvenue, alors que la production et la commercialisation du vin à Buzet – comme ailleurs dans le grand bordelais et en France – est en crise. La cave coopérative des Vignerons de Buzet, qui représente 95 % de cette appellation du Lot-et-Garonne, cherche justement les moyens d’en sortir.
Au tribunal de commerce dès mi-2024
Après une mise en sauvegarde sous la protection du tribunal de commerce d’Agen en juin 2024, le plan de redressement de la cave a été approuvé un an plus tard. La porte de sortie ? Une dette de 36 millions d’euros à rembourser sur quinze ans et une association commerciale contractée sur dix ans avec les Grands Chais de France. Le groupe, premier exportateur de vins français, a des accords similaires avec les caves de Nogaro dans le Gers, Mont Tauch dans l’Aude et Pfaffenheim dans le Haut-Rhin.
Il s’occupera pendant dix ans de la vente à l’export des vins de la cave, achetés à un volume « d’une moyenne de 40 hectolitres par hectare », indique Nathalie Roussille, ainsi qu’à « un prix plus élevé que le prix moyen du marché », laisse entrevoir Yannick Deroulede, directeur commercial France pour les Grands Chais de France.