le groupe Perret, négociant gardois dans l’agrofourniture, la collecte de céréales et oléagineux, le matériel agricole, l'irrigation et le process vinicole, a officialisé le rachat de Soufflet Vigne Sud Est.
Alors que la crise viticole sévit, le groupe Perret, négociant en agrofourniture, vient d’acquérir le pôle sud-est (régions Côtes du Rhône, Provence, Languedoc) de Soufflet Vigne, filiale du groupe InVivo. Le gardois, qui s’est engagé à reprendre l’intégralité des salariés, espère ainsi renforcer ses parts de marché mises à mal depuis trois ans.
Baisse de rendements, fragilité économique face à la concurrence étrangère, aléas climatiques, charges élevées… Le secteur de la viticulture souffre, même si en 2025 la France occupait la seconde place avec une production de 37,4 millions d’hectolitres, en hausse de 3 % par rapport à 2024 mais sous la moyenne des cinq dernières années. Sur les bassins du Languedoc-Roussillon et du sud-ouest, la récolte 2025 a été historiquement faible et le vignoble bordelais, lui, se trouve au bord de la catastrophe économique.
C’est dans ce contexte morose que le groupe Perret, négociant gardois dans l’agrofourniture, la collecte de céréales et oléagineux, le matériel agricole, l'irrigation et le process vinicole, a officialisé le rachat de Soufflet Vigne Sud Est. Filiale du groupe Soufflet (détenu depuis 2021 par le groupe coopératif InVivo), elle est spécialisée dans les intrants, le conseil et le matériel à destination des viticulteurs et des caves.
« Après trois années de mise entre parenthèses des opérations de croissance externe, les conditions de cession (montant non communiqué, NDLR) nous ont paru intéressantes », indique Bernard Perret, président du groupe familial éponyme.
Fondé en 1896 à Bagnols-sur-Cèze, le groupe Perret, implanté en Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, PACA et Corse, subit de plein fouet la crise, accusant une perte de 50 % sur les process viticoles, 20 % sur l’irrigation, et un équilibre précaire sur le machinisme agricole. Le groupe a réduit ses effectifs de 654 salariés en 2023 à 610 en 2026.
« Jusqu'en 2024, le potentiel de marché s’est maintenu mais avec la prime pour l’arrachage, nos clients ont perdu près de 8 000 hectares de vignes et ne savent pas encore quoi replanter, indique Bernard Perret. Nous avons dû engagé un plan social sur la partie viticole, principalement sur les postes de commerciaux, bureau d’études et chaudronnerie. »
Des planètes pas vraiment alignées pour une acquisition, d’autant que le groupe est en pleine transmissionfamiliale par l’un des fils, Antonin Perret. Le rachat des parts de ses frères a généré un endettement assez lourd pour le groupe, selon le P-dg.
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« Il y a neuf ans, j’avais déjà étudié le dossier mais décliné la proposition car l’éclatement territorial était ingérable, rappelle Bernard Perret. Cette fois, InVivo se sépare des vignobles du Sud, Provence, Côtes du Rhône et Languedoc, et l’offre ne porte que sur une quarantaine de personnes et neuf points de vente. Nous allons créer des synergies et rendre l’activité plus pérenne, notamment dans le Vaucluse, moins touché par la crise. »
Cette acquisition s’inscrit également dans une stratégie concurrentielle face à des géants comme Actura : Soufflet fait partie du réseau Symphonie, présidé par Bernard Perret, la centrale de référencement réalisant 500 millions d’euros d’achats de produits phytosanitaires et 60 millions d’euros de semences.
Soufflet Vigne conserve ses activités dans le Beaujolais, la Loire, la Bourgogne, la Champagne et cherche toujours un repreneur pour le Bordelais.
Le groupe Perret prévoit d’intégrer l’activité vin à sa filiale Visea Couturier (process vinicoles). Dix-huit salariés vont la rejoindre, tandis que les autres seront dédiés à l’agrofourniture. L’ensemble des dépôts devrait être maintenu.
Alors que le dernier rapport du Cerfrance Occitanie pointe les difficultés économiques d’une filière qui peine à se rémunérer, le groupe Perret n’exclut pas de « réduire encore la voilure » si le contexte persiste, ou au contraire de réinvestir.
« La campagne d’arrachage a réduit le potentiel de production mais a aussi permis d’apurer les stocks qui pèsent sur les cours, souligne Bernard Perret. Reste à voir si le second plan d’arrachage permettra d’ajuster la production à la consommation. »