On sait depuis de long mois que la plupart des caves coopératives des Pyrénées-Orientales sont en difficulté, voire en grande difficulté, et les rumeurs vont bon train sur les retards ou absence de paiement des vignerons. Mais ce début d’année 2026 marque probablement un tournant dans l’histoire de la viticulture départementale, avec le placement en redressement judiciaire de deux caves coopératives importantes : la cave Arnaud de Villeneuve, à Rivesaltes, et le GICB, plus connu sous le nom Terre des Templiers, à Banyuls-sur-Mer.
Le contexte national de crise de la viticulture est connu : un recul de la consommation de vin rouge et des outils de production qui ne sont plus adaptés aux surfaces exploitées et volumes produits depuis les campagnes d’arrachage, entraînant les coûts de revient à la hausse. Mené sur la France entière au premier semestre 2025 et présenté au ministère de l’Agriculture mi-décembre, un audit a confirmé le ressenti de nombreux acteurs de la filière viticole et vinicole depuis plusieurs mois : face à la crise de la filière, les caves et unions de caves n’auront pas d’autre choix que de se restructurer pour assurer leur survie. Joël Boueilh, le président des Vignerons coopérateurs de France, demande à l’État une aide de 35 millions d’euros en 2026 à l’échelle nationale.