Dans le Gard, le groupe Nestlé Waters, propriétaire de la marque Perrier, connaît un nouvel épisode de contamination qui l'a contraint à bloquer quelque 4 millions de bouteilles.
Près de 4 millions de bouteilles sont retenues par précaution à l’usine gardoise, après la suspicion de bactéries dans les deux derniers forages exploités, selon la cellule d’investigation de Radio France. Un doute finalement levé, assure la direction de Nestlé Waters. Mais l'incident intervient à quelques jours de la décision du préfet de renouveler ou non l’autorisation d’exploiter sous l’appellation « eau minérale naturelle ».
Mise à jour (réaction de la direction de Nestlé Waters)
« Les deux derniers forages utilisés sur le site de Vergèze, dans le Gard, pour la production d’eau minérale naturelle - sur les huit captages initiaux - ont été suspendus la semaine dernière, après la détection de nouvelles contaminations bactériennes sur le site historique de Perrier, écrit Radio France. D’après nos informations, les deux puits ont été stoppés, dont l’un du dimanche 23 novembre au vendredi 28 novembre, soit près d’une semaine complète. »
La direction du groupe évoque une suspension temporaire pour réaliser des analyses complémentaires pour l’un, un problème technique pour l’autre, et indique avoir relancé la production des deux puits le 28 novembre.
Finalement joint par la rédaction de La Tribune en fin de journée, le service communication du groupe Nestlé Waters confirme que « une anomalie a bien été détectée mais nous avons réalisé des analyses de vérification par nos laboratoires, accrédités, qui ont écarté une quelconque contamination, et la production a repris, conformément aux échanges avec l’ARS ». Ce mercredi soir, les bouteilles étaient encore bloquées « en attente de la décision de l'ARS ».
En juillet dernier, Nestlé Waters avait indiqué avoir installé un nouveau dispositif de microfiltration à 0,45 micron sur le site de Vergèze, conformément aux échanges avec les autorités sanitaires et à la demande du préfet du Gard de retirer la microfiltration à 0,2 micron.
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Mais le 4 juillet, Nestlé Waters annonçait la suspension des deux puits restant en exploitation à Vergèze et indiquait alors vouloir « se concentrer sur les deux puits d'Uchaud (commune voisine de Vergèze, NDLR) qui représentent la très grande partie des volumes produits ».
La direction du groupe confirme également que ce sont bien les deux puits d’Uchaud - ceux de Vergèze sont dédiés à la marque d’eaux de boisson « Maison Perrier » - qui ont été suspendus. C’est aussi sur ces deux forages d’Uchaud que porte la demande de renouvellement d’autorisation d’exploiter avec l'appellation « eau minérale naturelle » qui a été déposée en préfecture.
L’enquête de Radio France indique que depuis juillet dernier, 27 épisodes de non-conformité liés à des « écarts bactériologiques » ont été signalés par Nestlé aux autorités sanitaires, à la suite d’analyses d’auto-surveillance, indique Radio France. Le 3 septembre notamment, la détection de pseudomonas aeruginosa, des bactéries pouvant provoquer des infections graves chez les personnes fragiles, avait entraîné la destruction de milliers de bouteilles. Autre épisode : le 22 septembre, des bactéries coliformes, indicatrices d’une contamination par des matières fécales, ont été détectées sur une ligne de production, et donc possiblement dans des bouteilles.
« Si certains lots ont été mis sur le marché après recontrôle, 2 415 palettes de bouteilles de Perrier restent encore bloquées par les autorités sanitaires », indique l’enquête de Radio France. Soit près de 4 millions de bouteilles. Suite à des épisodes de contamination, notamment par une bactérie de type Escherichia coli, au moins 3 millions de bouteilles Perrier étaient déjà parties à la casse en 2024.
Le 2 décembre,la préfecture du Gard indiquait à La Tribune, que « la date du CoDERST devrait être connue dans les prochains jours ». Cette instance (composée d’experts d’élus et de représentants de la société civile) rendra alors son avis sur l’autorisation pour Perrier d’exploiter sous l’appellation « eau minérale naturelle », avis sur lequel le préfet du Gard Jérôme Bonet devrait s’appuyer pour rendre sa décision « d’ici la fin de l’année ». Selon les informations de Radio France, « le directeur de l’ARS Occitanie, Didier Jaffre, doit remettre ce mercredi au préfet, Jérôme Bonet, un rapport cette fois "favorable sous réserves" ».
L'usine Perrier emploie environ 1 000 salariés à Vergèze. Le syndicat que la rédaction de La Tribune a réussi à joindre ce 3 décembre déplore qu’aucune information sur les nouvelles contaminations ne leur ait été officialisée.