La crise des vins de Bordeaux n’épargne pas le secteur du négoce qui accuse un repli de l’emploi et s’attend à un mouvement de concentration. « On ne peut pas empiler indéfiniment des caisses de vins sans les vendre », alertent les professionnels. Le vignoble croule sous les stocks et certains millésimes n’ont même jamais été mis en bouteille.La crise se propage : le vin de Bordeaux connaît de lourdes difficultés qui pèsent sur les viticulteurs mais aussi, par ricochet, sur les négociants. Philippe Tapie, président de Bordeaux Négoce, le syndicat professionnel représentatif, ne cache pas la réalité, tout en se montrant combatif : « À l'exception de dix maisons de vins, on vit tous accrochés aux banques. Arrêtons de faire l’autruche, le négoce doit se remettre en question très fortement, se repositionner en termes de rémunération ».
Empêtré dans une conjoncture particulièrement hostile combinant guerre commerciale, changement climatique, baisse du pouvoir d’achat et baisse structurelle de la consommation, ce Bordelais de souche loue la résilience du secteur confronté à « un retour de balancier provenant de la spéculation et du « rêve chinois » qui s’est évanoui… On a vécu pendant un certain temps sur une forme de faux clients. Nous sommes donc condamnés à regarder la vérité en face mais cela ne veut pas dire que nous sommes morts. Mon obsession, c’est de ne pas reproduire les erreurs passées ! »
Baisse de l’emploi de 6 % sur deux ans
Car le négoce bordelais perd des plumes. Selon les données de l’Observatoire de l’emploi de Nouvelle-Aquitaine, le secteur a affiché un pic en 2022 avant une baisse de -6,8 % sur les deux années suivantes, passant de 4 600 postes fin 2022 à 4 300 fin 2024, en Gironde. Au niveau régional, on observe une tendance similaire avec un nombre d’emplois passé de 6 700 à 6 400 sur la même période.