Pourquoi le Salon de l'Agriculture devra se passer de ses vaches stars en 2026
latribune.fr
Mercredi 7 janvier, les organisateurs du Salon international de l’agriculture (SIA) ont confirmé que les vaches ne participeront à aucun concours lors de la prochaine édition.
La dermatose nodulaire contagieuse prive le Salon de l’agriculture de ses concours bovins. Un séisme pour le hall 1, où seule une présence symbolique est envisagée.
L’arbitrage tant redouté par la filière élevage vient de tomber. Mercredi 7 janvier, les organisateurs du Salon international de l’agriculture (SIA) ont confirmé que les vaches ne participeront à aucun concours lors de la prochaine édition, prévue du 21 février au 1er mars 2026. Cette décision, prise par les organismes de sélection, découle d’une impasse sanitaire liée à la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).
« Les vaches sont les stars du salon, mais il n’y a pas que les vaches », a déclaré la ministre de l’Agriculture Annie Genevard sur Franceinfo peu avant l’annonce de l’annulation de leur venue.
Si les moutons, les chèvres et les autres animaux de la ferme sont maintenus, l’absence des races emblématiques comme les charolaises, les limousines ou les prim’holstein marque une rupture historique pour le rendez-vous de la Porte de Versailles.
Le retrait des éleveurs bovins du Concours général agricole constitue un revers sans précédent. Les organismes de sélection, garants de la génétique et de la promotion des races, ont estimé que les risques sanitaires étaient trop élevés pour maintenir la compétition.
« Dans un contexte particulièrement difficile pour l’élevage français, la responsabilité collective est de continuer à offrir aux filières un espace de visibilité, de dialogue avec les Français », expliquent les organisateurs de l’événement parisien dans leur communiqué.
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Cohabitation de deux virus
La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est arrivée pour la première fois en France en juin dernier, d’abord en Savoie où elle a sévi tout l’été, puis dans le Sud-Ouest où les abattages de troupeaux infectés ont ravivé la colère des agriculteurs. Les mouvements d’animaux sont interdits depuis les zones touchées par la maladie mais encore autorisés depuis les zones indemnes ou des zones vaccinées et n’ayant plus déclaré de cas depuis 45 jours (comme la Savoie).
En 2025, la complexité vient de la cohabitation de deux virus : la Fièvre catarrhale (FCO) et la Dermatose nodulaire (DNC). Cette dernière introduit une variable critique : l’existence de porteurs sains. Cette impossibilité de garantir l’étanchéité sanitaire, même avec des tests PCR, fait peser un risque juridique sur les organisateurs (Ceneca).
Par ailleurs, la découverte récente d’un nouveau foyer en Haute-Garonne, fin décembre, a fini de fragiliser un calendrier déjà contraint par des protocoles de vaccination stricts. Dans le Sud-Ouest, les restrictions de mouvement ne peuvent être levées qu’après un délai de 28 jours post-injection et 45 jours après l’extinction du dernier foyer infectieux.
Des échanges en cours pour quelques bovins
Des échanges sont néanmoins en cours « afin d’étudier les conditions dans lesquelles une présence de bovins, même limitée et symbolique, pourrait néanmoins être envisagée, via un nombre restreint d’animaux, dans une logique de souplesse adaptée, pleinement compatible avec les impératifs sanitaires », ont tout de même précisé les organisateurs.
Une décision sera annoncée mi-janvier. La question sera de savoir si Biguine, vache brahman égérie de l’édition 2026, venue spécialement de Martinique, pourra quand même être présente.