Mercosur, dermatose... Comment la crise agricole a été faussement amplifiée sur les réseaux sociaux
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Capture d'écran de vidéos réalisées avec intelligence artificielle.
LTD/DR
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Capture d'écran de vidéos réalisées avec intelligence artificielle.
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Il faut regarder les vidéos plusieurs fois pour voir si les larmes sont réelles. Depuis une semaine, des vrais et des faux agriculteurs en pleurs inondent la plateforme TikTok. Un éleveur filmé au premier plan, ses vaches au milieu d’un escadron de CRS au second. Des larmes coulent sur ses joues au moment où il prend la parole en sanglotant : « Mon Dieu, ils me les prennent, c’est tout ce que j’avais. On a travaillé toute une vie pour ça. Pardon mes filles, pardon. »
Repartagées et vues des centaines de milliers de fois, la plupart des publications de cette vidéo ne mentionnent pas qu’elle a été générée par l’intelligence artificielle, les commentaires des internautes non plus.
« Les IA viennent s’insérer dans les narratifs et passent d’autant plus sous les radars qu’elles sont injectées à l’intérieur de flux de vidéos qui, elles, sont réelles. Cela vient amoindrir la frontière entre les vidéos réelles et irréelles », analyse Tristan Mendès France, maître de conférences associé à l’université Paris Cité, spécialiste des cultures numériques.
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Depuis quelques mois, les progrès faits par les géants de la tech pour générer des vidéos ont été saisissants, notamment pour accorder l’image et le son. Avec l’arrivée prochaine en France de Sora 2, la dernière version de l’outil vidéo de ChatGPT, l’illusion sera quasi parfaite et la désinformation accessible à tous. Cette semaine, une vidéo montrant une journaliste annonçant un coup d’État en France a été citée par Emmanuel Macron comme un exemple de désinformation. Contacté par La Tribune Dimanche, l’auteur de la vidéo, un jeune Burkinabé formateur en IA, a reconnu avoir utilisé Sora 2 pour la générer.