« Les Moso mesurent déjà trois mètres contre seulement 30 cm en mai 2022. Le climat du Limousin leur convient », se réjouit Samia Riffaut. Pour cette éleveuse de bovins à Nouic (Haute-Vienne), ces 3 600 plants de Phyllostachys Edulis sont la promesse d'une nouvelle source de chiffre d'affaires. « Le revenu est estimé entre 20 000 à 30 000 euros l'hectare, plus la prime crédit carbone de 3 000 euros par an et par hectare », explique-t-elle. Encore un peu de patience : la première récolte de cette espèce qu'elle a découverte lors d'un voyage à Hong Kong n'est prévue qu'en 2029.
« J'ai vu des échafaudages en bambou et j'ai été stupéfaite par tout ce qu'on pouvait faire avec, allant des cosmétiques, du textile, de l'énergie à l'alimentation humaine et animale », énumère-t-elle. En France, la production est encore marginale : 300 hectares ont été plantés par la société italienne OnlyMoso, partenaire de Samia Riffaut, et 350 autres par le groupe français Horizom. Lafarge a fait des essais, concluants, pour l'utiliser comme liant dans le béton, mais a besoin de tonnes pour monter une ligne de production. « Il faut que d'autres agriculteurs se diversifient et que les banques suivent », invite l'éleveuse.
Cet exemple n'est pas isolé : de plus en plus d'agriculteurs, aux quatre coins de la Nouvelle-Aquitaine, recherchent d'autres sources de revenus. Il faut dire que ceux générés par leur activité principale ne sont en général pas très élevés : 17 700 euros par an en moyenne en 2021, selon l'Insee, soit un tiers du revenu moyen annuel des ménages agricoles (52 400 euros). Les viticulteurs et céréaliers sont mieux lotis que les éleveurs bovins, dont un sur quatre vit sous le seuil de pauvreté.