Lunor défie les champions belges et hollandais de la frite
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Le marché de la frite pèse 600.000 tonnes en France.
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Le marché de la frite pèse 600.000 tonnes en France.
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Sur le convoyeur, des tronçons de pomme de terre fraîchement coupés sortent tout juste de la friteuse où ils ont été plongés pendant vingt secondes. Dorés à point, ils rejoignent une sorte de spirale mobile où ils seront refroidis à 4° avant d’être conditionnés en sacs de 600 grammes et 2,5 kilos, conservables au frigo pendant trois semaines. Estampillée d’un Nutriscore A, l’étiquette indique qu’il suffira, pour en déguster le contenu, de le passer quelques minutes au four ou dans le tiroir d’un air fryer. « Simple comme bonjour », approuve une visiteuse.
Nous sommes au cœur du pays de Caux où est inauguré le nouvel atelier que Lunor a aménagé au sein de son usine historique de Luneray, en Seine-Maritime. Rachetée en 2013 par la coopérative agricole normande Natup, après un passage à vide qui a bien failli la mener à la faillite, l’entreprise a recruté une quinzaine de personnes et investi 6 millions d’euros dans cette installation encore en rodage. À pleine capacité, celle-ci pourra produire jusqu’à 8.000 tonnes de frites fraîches précuites par an, garanties made in France (4 fois moins aujourd’hui).
« Lunor est le premier industriel français à mettre en œuvre ce procédé innovant à une telle échelle. Ce sont aussi les premières frites qui seront vendues au rayon fruits et légumes des grandes surfaces », s’enorgueillit Bruno Mauduyt, son directeur général, exfiltré depuis peu de chez Danone.
Le roi de la pomme de terre vapeur sous vide n’en fait pas mystère. Il espère se ménager une place sur l’énorme marché de la frite dont les Français raffolent. Nous en consommons quelque 600.000 tonnes par an, essentiellement sous forme surgelée. Mais seule une petite part porte le blason bleu, blanc, rouge. « Les Belges et les Hollandais trustent tout », confirme Bruno Mauduyt.
Premier exportateur mondial de patates crues, notre pays accuse en effet un sérieux déficit sur les produits transformés à base de tubercules. Déficit que le Haut-commissariat au plan chiffrait l’an dernier à « 322 millions d’euros » en appelant les industriels français à donner un coup de collier.
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