EXCLUSIF - D'ici à fin janvier, EDF devra avoir noué deux fois plus de partenariats avec des industriels électro-intensifs, lui a demandé le gouvernement sortant. S’il n’y parvient pas, l’accord obtenu l’an dernier sur la régulation des prix du nucléaire sera requestionné.L'étau se resserre pour EDF. Alors qu'il y a un an, l'exécutif a accepté de ne pas encadrer les prix de l'électricité nucléaire produite par l'énergéticien, les contreparties qui lui étaient demandées ne sont aujourd'hui pas réunies. Notamment sur la signature de contrats à long terme pour approvisionner les industriels électro-intensifs.
En douze mois, l'énergéticien n'a signé que six lettres d'intention (non engageantes) avec des industriels énergivores, pour environ 10,5 terawattheures (TWh) de consommation. Un niveau insuffisant selon le gouvernement sortant, qui a lancé jeudi un ultimatum à EDF : parvenir à 20 TWh au moins d'ici à fin janvier, date à laquelle se tiendra un nouveau point d'étape. Sans quoi, selon nos informations, le mode de régulation des tarifs d'EDF par l'État devra être requestionné.
Moins de projets, plus d'usines existantes
Pour rappel, ce cadre avait fait l'objet d'un accord, annoncé en grande pompe par l'ancien ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, en novembre 2023. Dans les grandes lignes, l'exécutif y abandonnait l'idée d'encadrer les tarifs de l'électricité nucléaire à un niveau proche des coûts de production, soit environ 60 euros/MWh. À la place, et au grand soulagement d'EDF, l'État ne devait intervenir que si les prix dépassaient 78 à 80 euros le mégawattheure (MWh), en ponctionnant la moitié seulement des bénéfices passé ce seuil (et 90% au-delà de 110 euros le MWh).
En échange de cette régulation plus souple, l'électricien devait négocier des contrats d'approvisionnement sur le moyen et le long terme avec des clients professionnels. Et notamment auprès des industries les plus énergivores, en quête de visibilité, via des « contrat d'allocation de production nucléaire » (CAPN). Le principe : réserver une portion de la production du parc atomique à des usines très énergivores, sur des durées de dix à dix-huit ans... avec des volumes et des coûts qui seraient ensuite fonction des performances d'EDF.