Le site de production de Perrier à Vergèze (Gard) a été mis à l'arrêt sur décision préfectorale en raison d'un incident dans sa station d'épuration interne, a confirmé la préfecture ce vendredi 12 décembre.
La raison : un épisode de pollution de la rivière le Vistre bordant l'usine, en lien avec les incidents révélés le 3 décembre dernier par Radio France : près de 4 millions de bouteilles étaient retenues par précaution à l’usine gardoise, après la suspicion de bactéries dans les deux derniers forages exploités fin novembre. Suite à cette détection, l’industriel a procédé à une « désinfection massive de l’usine à l’acide nitrique », déclenchant un dépassement des valeurs limites d’émissions, parfois jusqu’à trois fois les seuils légaux, à la sortie de sa station de traitement des eaux industrielles sur plusieurs paramètres, indique Radio France. Seraient en cause notamment les matières en suspension, la demande chimique en oxygène mais aussi les concentrations en nitrates.
« Nous avons adressé une mise en demeure, arrivée le 10 décembre, laissant huit jours à Perrier pour se mettre en conformité, a expliqué la préfecture à l'AFP. En attendant cette mise en conformité de leur station d'épuration interne, toutes les lignes sont arrêtées. »
Selon Radio France, huit jours supplémentaires seront imposés « pour revenir durablement sous les seuils d'émissions réglementaires ». Au-delà de ce délai, Perrier s'expose à des sanctions financières, voire à une suspension de son activité.
Interrogé par La Tribune, Nestlé Waters France reconnaît que « l’arrêt temporaire de la production sur le site de Vergèze est lié à la station d’épuration située à côté de l’usine, qui sert à traiter ses eaux usées » mais assure que l’incident « n'a aucun lien avec la sécurité sanitaire de nos eaux minérales naturelles ou la qualité de nos forages, qui restent garanties ». Le groupe précise que la production reprend progressivement, soulignant que « les analyses réalisées confirment qu’il n’y a eu aucune pollution de la rivière voisine par les eaux relâchées ».
Nestlé Waters France, qui emploie quelque 1 000 salariés sur l’usine Perrier, est au cœur d'un scandale après avoir admis en 2024 avoir utilisé par le passé des traitements interdits pour ses eaux. Ils ont été remplacés par une microfiltration à 0,2 micron dont la légalité a elle aussi été contestée, l'eau minérale naturelle ne pouvant faire l'objet de désinfection ou traitement de nature à modifier ses caractéristiques. Perrier est alors passé à une microfiltration à 0,45 micron, ce qui l'a contraint à déposer de nouvelles demandes d'autorisation préfectorale pour continuer d’exploiter ses deux puits situés à Uchaud, à proximité de Vergèze (appelés forages Romaine VI et Romaine VII) avec cette appellation « eau minérale naturelle ».
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Ce nouvel incident tombe alors que la décision du préfet du Gard sur ce renouvellement d’autorisation était attendue avant la fin de l’année. Une échéance qui semble être repoussée à fin mars, selon l’AFP. L’ARS Occitanie a fait parvenir au préfet, la semaine dernière, un rapport favorable, même si elle recommande un contrôle sanitaire renforcé sur deux ans, en raison de la détection de micropolluants et de dépassements bactériologiques. Un avis que l’ARS a fondé sur celui, « favorable sous réserve », rendu le 24 novembre par un hydrogéologue.