Nestlé " n'a démontré que partiellement que les traitements de microfiltration à 0,45 µM. n'avaient pas d'impact sur le microbisme naturel de l'eau ", écrit l'ARS.
Le préfet du Gard a reçu un rapport favorable de l’Agence régionale de Santé (ARS) d’Occitanie. Celle-ci recommande néanmoins un contrôle sanitaire renforcé sur deux ans, en raison de la détection de micropolluants et de dépassements bactériologiques. La décision finale du préfet du Gard, basée sur cet avis, est attendue prochainement.
Très probablement, Nestlé Waters peut souffler. Un rapport de l’Agence régionale de Santé d’Occitanie (ARS) remis au préfet le 3 décembre, consulté par Le Monde, se prononce en effet favorablement à ce que sa marque Perrier continue d’être commercialisée sous l’appellation d'« eau minérale naturelle ». Cet avis, basé à son tour sur celui, « favorable sous réserve », rendu le 24 novembre par un hydrogéologue, doit fonder la décision attendue très prochainement par le préfet du Gard sur le renouvellement de la demande d’autorisation d’exploitation déposée par Nestlé l’été dernier. Le rapport est d’ailleurs assorti d’un projet d’arrêté préfectoral dont des modifications par le préfet sont certes possibles, mais plutôt « à la marge », souligne Le Monde.
Des contrôles mensuels et même hebdomadaires
Le rapport de l’ARS, chargée du contrôle de la qualité de l’eau en bouteille, ne porte que sur les deux puits auxquels Perrier avait finalement limité sa demande : les forages Romaine VI et Romaine VII. Selon l’autorité sanitaire, malgré une « vulnérabilité »« démontrée » de la nappe dans son ensemble (et déjà constaté par un rapport hydrologique antérieur), ces forages restent « plus préservés » que les trois abandonnés en raison de « particularités géologiques locales ».
L’ARS préconise néanmoins, même sur ceux-ci, un « contrôle sanitaire renforcé » sur une période de deux ans, avec des contrôles mensuels et même hebdomadaires, en plus de la surveillance quotidienne assurée par Nestlé. Il propose aussi d’établir une « zone de plus forte vulnérabilité » autour des deux forages pour y limiter les « activités à risque ». Il « défend une exploitation raisonnée de la nappe » et suggère de « limiter la démultiplication des forages ».
E. oli et micropolluants
« Selon les données transmises au Monde par l’ARS, entre le 30 avril et le 28 novembre, 28 dépassements des valeurs réglementaires sur les paramètres bactériologiques ont été recensés », écrit le quotidien national pour lequel « c’est sans doute la partie émergée de l’iceberg ». Dans son rapport, l’ARS relève en effet « des résultats illisibles fréquents pour E. coli, coliformes et Pseudomonas », « la présence de traces de micropolluants (PFAS, chlorate, perchlorate) », alors que l’hydrogéologue évoque « l’évolution à venir des concentrations en nitrates ».
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.
La « pureté originelle » pas entièrement démontrée
La question de la conformité de l’eau au critère de la « pureté originelle » des sources, indispensable selon la réglementation à sa commercialisation sous le label « eau minérale naturelle », n’est en outre pas entièrement tranchée, selon l’ARS. Après avoir utilisé pendant des années des traitements clairement interdits dans ce contexte (charbon actif, UVA, puis filtration à 0,2µm), Nestlé Waters les a remplacés l’été dernier avec une microfiltration à 0,45 µm, qu’il considère comme conforme.
Or, Nestlé « n’a démontré que partiellement que les traitements de microfiltration à 0,45 µM. n’avaient pas d’impact sur le microbisme naturel de l’eau », écrit l’ARS, en soulignant « l’insuffisance » des analyses réalisées et la « nécessité » d’un suivi sur le temps long, intégrant de diverses saisons.