Les sommets pyrénéens sont enneigés mais sur le tarmac de l'aéroport de Pau, ce sont bien les carlingues colorées qui scintillent sous le soleil hivernal de ce mois de décembre. Le bleu vif du démonstrateur électrique Ecopulse de Daher, Airbus et Safran répond au rouge rutilant de l'Intregal S d'Aura Aero et au biplace turquoise d'Elixir Aircraft. Ne manque à l'appel que le Cassio 1, de VoltAero, qui n'a pas pu venir à cause de la météo. Quant au futur avion régional hybride-électrique 19 places d'Aura Aero, il n'est bien sûr pas encore prêt malgré déjà pas loin de 500 pré-commandes. C'est pourtant bien ce segment de l'aviation légère, qui regroupe les aéronefs de moins de 20 places, qui était dans les têtes des 150 professionnels réunis aux Green Aéro Days les 6 et 7 décembre pour esquisser les contours et les limites d'un nouveau marché aérien régional.
« Carburants durables (SAF), carburants de synthèse, moteurs hybrides, électriques ou à hydrogène : la décarbonation de l'aviation prendra plusieurs voies successives mais elle commencera à coup sûr par l'aviation légère, jure ainsi Nicolas Patriarche, le président du syndicat mixte de l'aéroport de Pau. Ces avions ont des coûts de développements moins élevés et des processus de certifications moins lourds. » Deux qualités qui pourraient leur conférer un rôle de premier plan dans la mobilité inter-régionale de demain qui sera, nécessairement, « décarbonée ». De quoi ouvrir un nouveau marché assimilé à une bouffée d'oxygène pour un transport aérien régional en berne quand il n'est pas tout simplement à l'arrêt. Et l'agilité de ces appareils sur pistes courtes, leurs énergies vertes et leur moteurs bien plus silencieux que leurs homologues thermiques, sont autant d'atouts pour séduire les riverains et élus des aérodromes et aéroports secondaires.