C'est un petit aéroport régional bien calme que celui de La Rochelle. À l'horizon, on devine que le pont de l'île de Ré est bien plus fréquenté que ce tarmac littoral où transitent seulement quatre avions par jour en moyenne. Depuis la tour de contrôle, les aiguilleurs du ciel doivent quelque peu s'embêter. Mais la pépite qui point sous leur mirador pourrait leur donner des ailes. La jeune société Elixir Aircraft a fait de l'entrée de la piste son quartier général d'où elle fabrique son avion biplace léger et frugal. Alors qu'elle fournit déjà l'école européenne d'Airbus en Charente, elle vient d'annoncer au salon du Bourget une commande record de 100 avions pour une école de pilotes dans l'Arizona.
Avec un site de production situé dans l'agglomération rochelaise, un site d'assemblage qui jouxte l'aéroport et une centaine d'employés, le nouveau constructeur vient de passer le cap des 70 avions livrés, qui marque les trois ans de mise en production du biplace. Un aéronef de 400 kilos en composite, dont la structure compte seulement, et c'est ici la grande innovation, neuf pièces à assembler. Là où les avions des six autres constructeurs dans le monde en ont des milliers. « Il y a 230.000 monomoteurs à pistons dans le monde, 160.000 datent des années 1960-1970 », estime Cyril Champenois, directeur marketing et commercial mais surtout cofondateur d'Elixir Aircraft. « C'est comme si vous appreniez à conduire sur une 2CV ou une 4L : les avions consomment et polluent trop. » Chez les Rochelais, on divise tout par trois : le temps d'assemblage, le coût de maintenance, la consommation et les émissions de carburant. Pour un prix de vente à 330.000 euros pièce.