Aéronautique : « Il faut réapprendre à travailler ensemble », estime le médiateur Philippe Berna
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Philippe Berna, médiateur de la filière aéronautique et spatiale.
Rémi Benoit
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Philippe Berna, médiateur de la filière aéronautique et spatiale.
Rémi Benoit
C'est l'un des rouages précieux mais méconnus de la filière aéronautique française. Depuis près de six ans, Philippe Berna est le médiateur de la filière aéronautique et spatiale, nommé par le GIFAS, le principal groupement des industriels du secteur. Sa mission : « mettre des gouttes d'huile où il le faut quand le système ne fonctionne pas correctement », notamment lorsque le dialogue est rompu entre un fournisseur de la supply chain et son donneur d'ordre.
Un rôle essentiel pour dénouer les conflits à l'heure où la filière doit se mettre en ordre de bataille pour atteindre des niveaux de production inédits dans l'histoire de l'aviation avec pour Airbus la cible de 75 avions par mois au-delà de 2028.
Un monde bien différent de celui dans lequel Philippe Berna a découvert l'industrie. Après avoir obtenu son diplôme de l'école des Mines, il a débuté sa carrière dans les années 80 en tant qu'ingénieur pour Aérospatiale (qui deviendra in fine Airbus) au démarrage de l'A320, futur best-seller du constructeur européen. « Je me sens chanceux d'avoir vécu de l'intérieur le démarrage de cette aventure. A l'époque, nous n'avions pas conscience de l'impact qu'aurait cet avion dans l'industrie. Nous n'avions pas encore ces problématiques de montée en cadence, nous étions surtout concentrés sur l'innovation et la capacité à certifier nos systèmes par les organismes officiels. Nous avons travaillé dans un esprit que l'on peut retrouver dans le monde des start-up, avec des modes de fonctionnement et des règles de travail au quotidien qui ne sont pas du tout celles d'un grand groupe », se remémore Philippe Berna, nommé personnalité de l'année lors de la dernière édition de l'Aeroforum organisé par La Tribune.
À lire également
Après un passage chez Airbus puis Thales, il fonde en 1991 Qualience, sa société d’expertise dans les systèmes complexes à base de logiciels embarqués, qu'il revendra au moment de l'éclatement de la bulle Internet. De 2003 à 2014, il a été président de la société Kayentis, dont il est le fondateur. Cette société est spécialisée dans l’édition de solutions logicielles d’écriture numérique à base de papiers communicants. Une expérience de dirigeant utile au quotidien aujourd'hui dans son rôle de médiateur. « Il faut avoir une connaissance assez élargie de l'ensemble des difficultés et obligations auxquelles un chef d'entreprise doit faire face à la fois dans le cadre de développement de l'entreprise mais aussi dans ses relations avec ses clients et fournisseurs », indique-t-il.
SCAF : pourquoi Airbus et Dassault étaient définitivement devenus irréconciliables
SpaceX : les 15 clés pour comprendre l’introduction en Bourse la plus spectaculaire de l’histoire
Crash du SCAF : l'industrie allemande déjà en ordre de marche pour lancer un futur avion de combat européen
Le SCAF, c'est bel et bien fini