La croissance de l'avionneur ATR reste freinée par des problèmes persistants de sa supply chain

ATR Photo d'illustration
Rémi Benoit

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Rémi Benoit
« ATR est pertinent aujourd’hui, et nous le resterons demain, a assuré la présidente exécutive d’ATR Nathalie Tarnaud Laude à l'occasion du bilan 2025 de l'avionneur franco-italien. Peu importe la vigueur des nouveaux entrants, le seul avion régional crédible combinant durabilité, performance économique et polyvalence est – et restera – l’ATR ». En 2025, l'avionneur franco-italien ATR a globalement poursuivi un plan de vol sans trou d'air mais sa croisière a été perturbée par des turbulences récurrentes générées par le manque de robustesse de sa supply chain. Ce qui freine encore sa montée en puissance.
Dans ce contexte, le constructeur basé à Toulouse n'a livré que 32 appareils en 2025 (contre 35 en 2024), les livraisons étant inférieures aux prévisions de l'avionneur. Ce bilan, qui est loin de répondre aux ambitions d'ATR, est marqué par des perturbations de la chaîne d’approvisionnement affectant des composants clés. Pour autant, le chiffre d'affaires est resté stable (1,2 milliard de dollars) grâce à une année record dans le domaine des services aux clients (538 millions d'euros).
Les commandes, si elles ne décollent pas encore vraiment en dépit de signaux commerciaux prometteurs à l'image des marchés de l'occasion (90 transactions enregistrées) et de leasing (10 appareils ATR placés dans des compagnies) dynamiques, restent toutefois à un bon niveau. « La demande pour nos avions est forte, les opérateurs régionaux veulent plus de capacité », a indiqué Alexis Vidal, en charge des ventes. Mais, l'an dernier, le leader mondial de l'aviation régionale a enregistré une prise de commandes nette de 50 appareils (60 en brut), mais, là aussi, en retrait par rapport à l'année précédente (56 en 2024). « Les turbopropulseurs demeurent la seule solution économiquement viable pour développer la connectivité régionale de manière rentable », a-t-il rappelé.
ATR a enregistré des commandes brutes provenant de neuf clients dans neuf pays, incluant les commandes importantes d’Air Algérie et de la compagnie taïwanaise UNI Air (respectivement 16 et 19 ATR 72-600). Les commandes nettes portent le carnet de commandes d'ATR à plus de 160 appareils. L’année 2025 a également été marquée par des évolutions significatives de certaines flottes, notamment plusieurs avancées majeures en Amérique du Nord. Ainsi, JSX aux États-Unis a lancé des opérations de vols charters publics avec des ATR 42-600, ainsi que la certification et la livraison du premier ATR 600 au Canada pour Rise Air. Enfin, ATR constate un intérêt de plus en prononcé pour le voyage régional premium.
ATR a poursuivi ses investissements tout au long de l’année afin de stabiliser son système industriel et préparer la montée en cadence à partir de 2026 et sur le long terme. « Nous sommes déterminés à augmenter notre cadence de livraisons ; et c’est pourquoi nous avons mis en place des actions concrètes pour résoudre les problèmes ayant limité notre production. Nous avons renforcé toutes les composantes de notre organisation et posé les bases d’une augmentation sûre, durable et crédible de la production », a expliqué , Nathalie Tarnaud Laude. A voir fin 2026.
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Concrètement, ces mesures portent entre autres sur des améliorations du flux de la ligne d’assemblage final, la réouverture de stations, une baisse régulière des pénuries de pièces, désormais réduites à un tiers de leur niveau de début 2025, ainsi qu’une collaboration étroite avec les fournisseurs « pour préparer l’ensemble du système industriel à la montée en cadence, avec pour objectif une hausse de 20 % des livraisons cette année par rapport à 2025 », a précisé Marion Smeyers, en charge des opérations et des achats au sein d’ATR.