Le nouveau campus de l'infrarouge, inauguré ce mardi, est une nouvelle étape pour Lynred : avec 100 millions d'euros d'investissement à la clé, ce nouvel équipement doit accompagner la montée en volume du leader européen des technologies infrarouges pour le marché de la Défense, qui vise toujours, à terme, le secteur de l'automobile.Dans la « Silicon Valley grenobloise », le projet était déjà connu, mais encore fallait-il qu'il se concrétise alors que l'ensemble du secteur électronique est tiraillé par des vents contraires. Pensé dès 2018, acté en tant que décision finale d'investissement en 2023, c'est finalement depuis fin 2025 que le bâtiment Campus a émergé de terre. Il a été inauguré ce mardi sur le site historique de Lynred à Veurey-Voroize (Isère), dans la banlieue de Grenoble.
Avec une double promesse : permettre au leader européen des technologies infrarouges, issu à l'origine d'une technologie du CEA Leti il y a quarante ans, de doubler sa surface actuelle de salles blanches (qui grimpe ainsi à 8 000 m2), afin de produire autant de capteurs infrarouges sur les 7 prochaines années que depuis sa création. C'est-à-dire plus de 3 millions.
L'ambition est « historique » selon le groupe (qui a réalisé 223 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2023, dont 80% à l'export), et les moyens accordés aussi : car au total, c'est une enveloppe globale de 100 millions d'euros (comprenant le coût des bâtiments ainsi que les opérations de transfert industriel) qui aura été investie par ses deux actionnaires, Safran et Thalès, en fonds propres (notamment sous la forme d'un crédit-bail) afin de concrétiser ce nouveau pari organisationnel, mais aussi technologique.
Car derrière cet équipement figure la promesse d'adresser une montée en volume progressive mais complexe, en vue de produire des capteurs infrarouge en quantité industrielle et s'appuyant sur l'industrie des semi-conducteurs. « Un premier pas avant que le marché automobile ne décolle », glisse Hervé Bouaziz, président de Lynred.