Objectif Lune : la Chine a lancé la mission Shenzhou-23
latribune.fr
La Chine prévoit d'envoyer ses premiers astronautes sur le sol lunaire avant 2030 et vise, d'ici 2035, une première version de sa future base scientifique lunaire.
La Chine a lancé dimanche la mission habitée Shenzhou-23 vers sa station spatiale Tiangong. Pour la première fois, l’un des astronautes restera une année entière en orbite, une étape jugée essentielle dans la stratégie de Pékin pour envoyer des humains sur la Lune avant 2030.
Nouvelle étape dans la montée en puissance spatiale chinoise. Une fusée Long March 2 F a décollé dimanche depuis le centre spatial de Jiuquan, dans le désert de Gobi, pour placer en orbite le vaisseau Shenzhou 23 et son équipage à destination de la station spatiale Tiangong space station.
Au-delà du lancement lui-même, la mission constitue une étape stratégique pour Pékin : pour la première fois, l’un des trois astronautes restera jusqu’à un an dans l’espace afin d’étudier les effets d’un séjour prolongé en microgravité. Une durée qui rapproche la Chine des exigences opérationnelles des futures missions habitées vers la Lune - et, à plus long terme, vers Mars.
Parmi les trois membres d’équipage figure notamment Li Jiaying, première astronaute originaire de Hong Kong à participer à un vol spatial chinois.
Tester l’humain avant de viser la Lune
Jusqu’à présent, les missions vers Tiangong duraient généralement six mois. Passer à douze mois constitue un changement d’échelle. Les enjeux ne concernent pas seulement la résistance psychologique des équipages mais aussi la perte de masse osseuse, la fonte musculaire, l’exposition aux radiations ou encore la fiabilité des systèmes de recyclage.
La Chine prévoit d’envoyer ses premiers astronautes sur le sol lunaire avant 2030 et vise, d’ici 2035, une première version de sa future base scientifique lunaire. Une nouvelle étape dans la rivalité spatiale mondiale.
Ce lancement intervient alors que la compétition spatiale se réorganise. Les États-Unis poursuivent leur programme lunaire Artemis program tandis que Pékin développe sa propre architecture indépendante. Exclue depuis 2011 de la coopération avec la Station spatiale internationale, la Chine a accéléré la construction de ses propres infrastructures orbitales.
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Autre symbole : Tiangong doit accueillir d’ici la fin de l’année son premier astronaute étranger, venu du Pakistan.